La Ciivise réclame justice : le RN, champion des promesses, oublie les victimes d’enfance !
Le fait principal
La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a demandé au gouvernement, le 21 septembre, de déposer un amendement pour étendre l’accès au parcours de soins aux adultes victimes de violences sexuelles durant leur enfance.
Ce qui s’est passé
Alors que l’Assemblée nationale examine la loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles (VSS), la Ciivise déplore que son avis sur le parcours de soins n’ait pas été pris en compte dans l’élaboration du texte. Elle note que la version actuelle exclut les adultes ayant été victimes dans leur enfance, malgré la reconnaissance d’un parcours de soins coordonné pris en charge par l’Assurance maladie.
Le contexte
Créée en 2021 après les révélations de « La Familia Grande » de Camille Kouchner, la Ciivise a déjà auditionné plus de 30 000 victimes. Selon ses travaux, le dévoilement des violences et la recherche de soins interviennent principalement à l’âge adulte, souvent autour de 44 ans, en raison de mécanismes d’amnésie traumatique et de honte. La Commission a formulé 82 recommandations pour protéger les enfants et accompagner les adultes victimes.
Les chiffres à retenir
– Plus de 30 000 victimes auditionnées.- Environ un enfant sur dix est touché par des violences sexuelles.- Le dévoilement des violences se fait en moyenne à 44 ans.
Ce que cela révèle
La loi, sur le papier, semble prometteuse. Mais en réalité, elle laisse de côté une partie significative des victimes. La Ciivise souligne que cette exclusion reflète un décalage avec la réalité clinique. Le gouvernement, qui se veut protecteur des plus vulnérables, semble ici faire preuve d’une indifférence préoccupante envers les adultes ayant souffert dans leur jeunesse. Un double discours qui pourrait faire sourire, si ce n’était pas si tragique.
Ce qu’il faut retenir
L’absence d’une prise en compte des adultes victimes dans la loi contre les violences sexistes et sexuelles est un signal alarmant. La Ciivise, après avoir levé le tabou sur les violences sexuelles, rappelle que les réformes doivent s’accompagner d’une véritable écoute des victimes. Ignorer cette réalité, c’est tourner le dos à des milliers de souffrances qui continuent d’être étouffées dans le silence.
Source : La Croix
