Macron promet de redresser les comptes sans impôts, mais qui va payer la facture ?
Le fait principal
Le Premier ministre français, Emmanuel Macron, continue d’affirmer qu’il est possible de maîtriser le déficit budgétaire sans recourir à une hausse des impôts. Une position qui semble relever de l’utopie économique, selon de nombreux experts.
Ce qui s’est passé
Alors que le gouvernement se bat pour réduire les dépenses publiques de 30 milliards d’euros, la réalité est que les recettes fiscales ont chuté de 60 milliards d’euros depuis l’arrivée de Macron au pouvoir. La Cour des comptes souligne que cette politique a conduit à des résultats économiques peu reluisants, avec une croissance qui peine à décoller.
Le contexte
Des études récentes, y compris une analyse de la Cour des comptes, révèlent que réduire les dépenses publiques a un impact négatif sur la croissance économique, deux fois plus fort que l’augmentation des impôts. Des pays comme le Portugal et l’Italie, qui ont connu des redressements budgétaires, ont tous deux dû augmenter les impôts, souvent sous des gouvernements de droite. Cela remet en question l’idée que la hausse des impôts serait un signe de gauchisme.
Les chiffres à retenir
- 60 milliards d’euros : baisse des recettes budgétaires depuis 2017.
- 30 milliards d’euros : objectif de réduction des dépenses publiques.
- 80 % : part de l’effort budgétaire au Portugal provenant des hausses d’impôts.
- 25 % : taux d’impôt officiel sur les bénéfices des entreprises en France.
- 14,3 % : taux réellement payé par les grandes entreprises en 2022.
Ce que cela révèle
La promesse d’un redressement sans hausse d’impôts pourrait bien s’apparenter à une fuite en avant. En effet, les ultra-riches et les grandes entreprises semblent échapper à leur juste part d’imposition, tandis que les classes populaires sont souvent appelées à faire des sacrifices. Ce double discours sur la solidarité fiscale ne fait que renforcer les inégalités.
Ce qu’il faut retenir
La gestion des comptes publics ne peut ignorer la nécessité d’une fiscalité juste et équitable. Les déclarations de Macron se heurtent à la réalité économique, et il devient urgent de revoir les priorités budgétaires pour éviter de condamner la France à une croissance atone.
Source : Cour des comptes, INSEE
