Chasse aux gibiers d’eau : la LPO dénonce un silence assourdissant sous le règne des prédateurs.
Le fait principal
La Ligue de protection des oiseaux (LPO) appelle au report de l’ouverture de la chasse aux gibiers d’eau dans l’Eure, prévue pour le 21 août. La pétition en ligne, qui réclame l’interdiction de la chasse dans les zones touchées par la sécheresse et les incendies, a déjà rassemblé près de 500 000 signatures.
Ce qui s’est passé
Dans une mare désormais silencieuse, Jean-Pierre Frodello, directeur de la LPO de Normandie, constate l’absence totale d’oiseaux. « Il n’y a aucun son. Il n’y a aucun oiseau qui chante », déplore-t-il. La sécheresse a ravagé de nombreuses zones humides, transformant ce qui était autrefois un refuge pour canards et limicoles en un désert désolé. La LPO plaide pour un report de la chasse, arguant que la pression supplémentaire sur des espèces déjà stressées serait catastrophique. Face à cette demande, les chasseurs, représentés par Nicolas Gavard-Gongallud, directeur de la Fédération des chasseurs de l’Eure, se montrent sereins. Selon lui, les régulations en place suffisent à protéger les oiseaux. Pourtant, un chasseur de Pont-Audemer avoue que « pas d’eau, pas de canard, pas de chasse », soulignant une prise de conscience croissante parmi les amateurs de tir.
Le contexte
La situation est alarmante : la France fait face à une sécheresse sans précédent, exacerbée par des canicules répétées. Les zones humides, essentielles à la biodiversité, disparaissent à un rythme inquiétant. La LPO met en lumière un désastre écologique, mais la préfecture de l’Eure reste muette, n’ayant pas encore pris de mes pour modifier la date d’ouverture de la chasse.
Les chiffres à retenir
– Près de 500 000 signatures pour la pétition demandant l’interdiction de la chasse dans les zones touchées par les incendies.- La date d’ouverture de la chasse aux gibiers d’eau est fixée au 21 août, alors que la LPO propose de la reporter au 27 septembre.
Ce que cela révèle
La contradiction est frappante : d’un côté, des chasseurs qui affirment que tout va bien, de l’autre, une réalité écologique dramatique. La LPO appelle à la prudence, tandis que les autorités semblent jouer la montre. Ce silence assourdissant face à l’urgence écologique soulève des questions sur les priorités politiques. Alors que les oiseaux se battent pour leur survie, certains continuent de défendre une tradition qui semble de moins en moins en phase avec la réalité du terrain.
Ce qu’il faut retenir
La bataille de l’Eure n’est pas qu’une simple querelle entre chasseurs et protecteurs de la faune. Elle illustre un enjeu bien plus vaste : celui de la préservation de notre environnement face à des intérêts parfois déconnectés de la réalité. Les oiseaux, déjà affaiblis par la sécheresse, méritent un répit, et la pression sur les décideurs s’accentue. La nature ne peut pas attendre.
Sources : Franceinfo
