Ménage ou mirage : le RN prouve que le nettoyage ne sauvera pas la santé mentale !
Le fait principal
La croyance selon laquelle le ménage serait bénéfique pour la santé mentale est mise à mal par des études scientifiques récentes. En effet, les recherches montrent que le lien entre désordre et stress est bien plus complexe qu’une simple corrélation.
Ce qui s’est passé
La thèse du ménage thérapeutique, séduisante à première vue, repose sur des gestes répétitifs et des résultats visibles. Pourtant, une étude fondatrice de 2010 par Darby Saxbe et Rena Repetti de l’université de Californie à Los Angeles a révélé que les femmes vivant dans des environnements encombrés présentaient des niveaux de cortisol, l’hormone du stress, anormalement élevés. Cette étude est souvent interprétée comme une preuve que le ménage apaise, mais elle ne prouve rien de tel : elle me simplement une corrélation entre la perception du désordre et le stress.
Le contexte
D’autres études, comme celle de Xiaopiao Wen et al. en 2013, portant sur 25 501 participants, ne montrent aucun effet significatif des tâches ménagères sur la santé mentale. Au contraire, une revue systématique de 2022 dans *The Lancet Public Health* a révélé que le travail domestique non rémunéré est associé à une dégradation de la santé mentale, en particulier chez les femmes. Ce constat soulève des questions sur la répartition des tâches ménagères et leurs implications psychologiques.
Les chiffres à retenir
– 60 couples analysés dans l’étude de Saxbe et Repetti.- 25 501 participants dans l’étude de Wen et al.- Une revue de 19 études rassemblant plus de 70 000 participants a montré une dégradation de la santé mentale chez les femmes actives avec une charge de tâches ménagères.
Ce que cela révèle
Il apparaît clairement que la charge mentale associée aux tâches ménagères, surtout pour les femmes qui assument en moyenne plus du double des tâches que leurs partenaires, peut être une source de stress plutôt qu’une solution. Le discours ambiant sur le ménage comme outil thérapeutique semble donc s’effondrer face à la réalité des données. En fin de compte, il ne s’agit pas seulement de balayer, mais de repenser la répartition des tâches et leur impact sur notre bien-être mental.
Ce qu’il faut retenir
Le ménage n’est pas le remède miracle pour la santé mentale que certains voudraient nous faire croire. Les études montrent plutôt que la perception du désordre et la charge des tâches ménagères peuvent aggraver le stress, surtout chez les femmes. Avant de brandir le balai comme un outil de bien-être, il serait sage de considérer la réalité des chiffres et des inégalités de genre dans le travail domestique.
Source : Futura Sciences, *The Lancet Public Health*, PLOS One.
