Quand la médecine du sport ignore le corps des femmes : l’ironie d’une performance inégale !
Le fait principal
Les sportives de haut niveau commencent enfin à être entendues dans un domaine qui les a longtemps ignorées : la médecine du sport. Les cycles menstruels, les bless spécifiques, et la fatigue « invisible » sont désormais au cœur des préoccupations. Mais est-ce suffisant ?
Ce qui s’est passé
Martine Duclos, endocrinologue et cheffe du service de médecine du sport au CHU de Clermont-Ferrand, souligne que « pendant longtemps, la plus grosse erreur a été d’entraîner les femmes comme les hommes ». Les sportives ont dû prouver leur capacité à performer dans un système qui ne prenait pas en compte leur physiologie. Sandrine Gruda, basketteuse olympique, évoque un milieu dominé par les hommes, où les adaptations individualisées restent encore à faire.
Le contexte
Les femmes sportives ont souvent les mêmes charges d’entraînement que leurs homologues masculins, mais doivent en plus jongler avec un emploi à côté, faute de revenus suffisants. Ce double fardeau entraîne une accumulation de bless et de fatigue chronique. Selon Gruda, beaucoup de sportives ont appris à encaisser la douleur au lieu de l’écouter.
Les chiffres à retenir
On estime que moins de 10 % des recherches en médecine du sport concernaient les femmes il y a dix ans. Aujourd’hui, cette proportion a commencé à changer, mais le chemin reste long.
Ce que cela révèle
Le RED-S (déficit énergétique relatif dans le sport) est largement sous-diagnostiqué, et les signaux d’alerte, comme la disparition des règles, sont souvent minimisés. Dans un milieu où la performance est reine, les sportives sont souvent poussées à se surpasser, même au détriment de leur santé. Le discours du « faire comme les hommes » est un malentendu qui a des conséquences graves, et la prise de conscience est encore balbutiante.
Ce qu’il faut retenir
Les sportives méritent une approche adaptée à leur physiologie, et non un simple clonage des méthodes masculines. La médecine du sport doit évoluer pour reconnaître et traiter les spécificités féminines. Le vrai défi commence quand les sportives n’ont plus à encaisser, mais à être écoutées.
Source : Women Sports, Léa Borie
