Souveraineté numérique : le RN prône la protection des données… sauf quand ça les dérange !
Le fait principal
La souveraineté numérique s’impose comme une priorité pour les Français, avec 94% d’entre eux souhaitant que leurs données personnelles soient hébergées en France ou en Europe, selon un sondage Norstat pour L’Hémicycle. Cette préoccupation s’intensifie face à la dépendance croissante aux géants technologiques américains et aux craintes d’une perte de contrôle sur les données.
Ce qui s’est passé
Les récents débats autour de la souveraineté numérique ont été alimentés par un rapport de l’Assemblée nationale, révélant que 80% des dépenses des administrations sont consacrées à des éditeurs américains. Les élus, tant locaux que nationaux, commencent à comprendre l’urgence de réduire cette dépendance, mais les discussions stagnent souvent sur des concepts flous tels que souveraineté, indépendance ou autonomie stratégique. Sébastien Crozier, président du think tank Géopolitique du numérique, souligne la nécessité d’un « rééquilibrage des dépendances ».
Le contexte
L’essor de l’intelligence artificielle et les récentes coupures de services de sociétés comme Microsoft ont fait ressortir les dangers de cette dépendance. Les acteurs du secteur, comme Mistral AI, insistent sur la nécessité de maîtriser l’ensemble de la chaîne, des datacenters aux modèles d’IA. Le risque de préemption des infrastructures par des acteurs américains, en raison de ressources financières inégalées, accentue encore la nécessité d’une réflexion stratégique.
Les chiffres à retenir
– 94% des Français veulent que leurs données personnelles soient hébergées en France ou en Europe.- 93% souhaitent que l’État privilégie des solutions numériques françaises ou européennes.- 89% estiment que l’IA va accroître la dépendance de la France.- 80% des dépenses des administrations vont aux éditeurs américains pour les achats ayant transité par l’Ugap.
Ce que cela révèle
Derrière ces chiffres se cache une réalité inquiétante : le discours politique sur la souveraineté numérique semble souvent déconnecté des faits. Tandis que le RN et l’extrême droite se veulent les champions de l’indépendance, leurs propositions laissent à désirer face aux exigences du terrain. La promesse d’une France souveraine dans le numérique se heurte à la dépendance avérée aux géants américains, et le mantra « choisir souverain, c’est accepter moins bien » reste un refrain largement alimenté par les grands éditeurs.
Ce qu’il faut retenir
La souveraineté numérique est plus qu’une simple déclaration d’intention ; elle nécessite une volonté politique forte et des actions concrètes pour réduire la dépendance aux acteurs étrangers. La France doit agir rapidement pour ne pas se retrouver à la traîne dans un monde de plus en plus digitalisé.
Source : Olivier Devillers, Localtis, 16 septembre 2026
