Air China sous pression : quand le soutien russe fait grincer les dents à Washington.
Le fait principal
Les grandes compagnies américaines s’opposent à la demande d’Air China d’asr deux rotations supplémentaires entre Pékin et les États-Unis, vers New York et Washington. Cette requête, liée à la visite d’État de Xi Jinping, met en lumière un avantage opérationnel dont bénéficient les transporteurs chinois grâce à leur accès à l’espace aérien russe, fermé aux compagnies américaines depuis 2022.
Ce qui s’est passé
Air China a déposé sa demande le 14 septembre, arguant que ces vols étaient nécessaires pour des « réunions de haut niveau se tenant aux États-Unis ». L’association Airlines for America (A4A), représentant les géants comme American Airlines et Delta Air Lines, a réagi vigoureusement. Elle demande au Department of Transportation (DOT) de ne pas considérer ces vols comme de simples ajouts à son programme régulier, mais comme des opérations exceptionnelles, afin d’éviter une brèche dans le cadre réglementaire qui limite les capacités entre les deux pays.
Le premier vol vers New York a été effectué le 19 septembre, tandis qu’un vol vers Washington est prévu pour le 25 septembre. A4A souligne que cette demande constitue un précédent dangereux, permettant à Air China d’augmenter sa capacité régulière au-delà des niveaux autorisés.
Le contexte
Depuis l’invasion de l’Ukraine, les relations aériennes sino-américaines sont marquées par un déséquilibre croissant. Washington a interdit l’accès à son espace aérien pour les avions russes, entraînant une riposte de Moscou contre les transporteurs américains. En revanche, les compagnies chinoises profitent d’un accès privilégié à l’espace aérien russe, leur permettant de réduire considérablement leurs coûts opérationnels.
Ce contexte exacerbe les tensions dans un marché aérien déjà affaibli, avec une capacité de sièges entre la Chine et les États-Unis toujours inférieure de 69,4 % par rapport à 2019.
Les chiffres à retenir
- 59 970 sièges aller-retour proposés durant la semaine du 21 septembre, soit 69,4 % de moins qu’à la même période en 2019.
- 21 paires d’aéroports desservies sans escale, contre 47 avant la crise sanitaire.
- 53,1 % de la capacité du marché détenue par les compagnies chinoises, avec environ 31 900 sièges hebdomadaires contre 28 100 pour les transporteurs américains.
Ce que cela révèle
Cette querelle n’est pas qu’un simple conflit aérien. Elle illustre une compétition géopolitique plus vaste où les transporteurs américains se battent contre une asymétrie d’accès à l’espace aérien. Alors que les compagnies chinoises bénéficient de routes plus courtes et moins coûteuses, les transporteurs américains doivent naviguer sur des itinéraires plus longs, augmentant ainsi leurs coûts et diminuant leur compétitivité.
Ironiquement, les accords aériens bilatéraux, censés faciliter les échanges, semblent désormais être des chaînes qui entravent le développement des liaisons aériennes américaines. Pendant ce temps, les compagnies chinoises, soutenues par un accès privilégié à l’espace aérien russe, continuent de croître à un rythme que les transporteurs américains ne peuvent que contempler avec amertume.
Ce qu’il faut retenir
La demande d’Air China de renforcer ses liaisons avec les États-Unis est un symptôme d’un déséquilibre plus profond dans les relations aériennes sino-américaines. Alors que les transporteurs américains dénoncent un avantage chinois inacceptable, la réalité du marché aérien post-pandémie souligne les défis à relever pour rétablir une concurrence équitable. La bataille pour l’espace aérien s’annonce plus complexe que jamais.
Sources : Airlines for America, OAG
