Madagascar : des Boeings vers l’Iran, le mystère du transfert qui dérange les frontières !
Le fait principal
Le procès de 33 prévenus s’est ouvert le 22 septembre à Antananarivo, Madagascar, concernant le transfert mystérieux de cinq Boeing 777-200ER vers l’Iran. Ces avions, anciennement de Singapore Airlines, ont été immatriculés avec des documents malgaches dans un contexte de sanctions américaines, soulevant des questions cruciales sur la corruption et la sécurité de l’État.
Ce qui s’est passé
Un an après la découverte des cinq Boeing 777-200ER en Iran, la justice malgache se penche sur une affaire devenue l’un des plus embarrassants scandales aéronautiques de l’île. Les prévenus sont accusés d’avoir utilisé des certificats provisoires délivrés pour un voyage vers le Kenya, mais qui ont été détournés pour permettre le transfert vers l’Iran, où les avions seraient liés à Mahan Air, une compagnie sous sanctions américaines.
Le contexte
Les avions, jamais exploités à Madagascar, ont été immatriculés par Udaan Aviation, une société créée en 2023 avec un capital dérisoire de 400 euros. Les documents d’immatriculation, valables trois mois, auraient été falsifiés pour prolonger leur validité. L’Aviation civile malgache a été alertée par les autorités cambodgiennes sur la suspicion entourant ces documents, entraînant une plainte pour faux et usage de faux.
Les chiffres à retenir
- 33 prévenus comparaissent au procès.
- Les certificats d’immatriculation ont été délivrés le 17 janvier 2025.
- Les avions ont quitté le Cambodge pour l’Iran le 15 juillet 2025.
- Le capital déclaré de Udaan Potentials Ltd était de 2 millions d’ariarys (moins de 400 euros).
Ce que cela révèle
Cette affaire met en lumière un système où la corruption et la négligence administrative semblent s’entrelacer. Le ministre des Transports a été limogé, mais l’enquête s’étend à des figures politiques de premier plan, soulevant des interrogations sur l’impunité au sein du gouvernement malgache. La situation est d’autant plus délicate pour Madagascar, qui entretient des relations économiques avec les États-Unis, car le pays pourrait faire face à des sanctions pour avoir facilité le transfert d’avions vers une compagnie sous embargo.
Ce qu’il faut retenir
Le procès des Boeing iraniens à Madagascar s’annonce comme un révélateur des failles d’un système où l’aviation civile pourrait avoir été manipulée par des intérêts obscurs. L’issue de cette affaire pourrait redéfinir les relations de Madagascar avec la communauté internationale et exposer les dessous d’un scandale politico-financier d’une ampleur inattendue.
Source : RFI, Le Monde
