La France scientifique en déroute : le RN prône l’ignorance pour mieux régner !
Le décrochage scientifique français : un constat alarmant
Le 26 août dernier, l’Observatoire des sciences et techniques du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres) a publié une étude frappante sur le décrochage scientifique français entre 2005 et 2024. En à peine huit jours, cinq journaux se sont emparés de ces chiffres révélateurs : la part de la France dans les publications mondiales a été divisée par deux, passant de 4,1 % à 1,9 %, tandis que sa contribution aux 10 % d’articles les plus cités a chuté de plus de 60 %. Ces données alarmantes ont alimenté les Assises de la recherche en septembre et seront évoquées dans le rapport de la Cour des comptes attendu en fin d’année.
Ce qui s’est passé
L’étude de l’Hcéres soulève des questions cruciales sur la position de la France dans le paysage scientifique mondial. Si le recul relatif de la France dans la recherche est indéniable, les chiffres avancés méritent un examen approfondi. Deux objections principales ont été soulevées. La première concerne la méthode de calcul, qui peut donner une image erronée de la réalité. En effet, l’étude évalue les publications au prorata des adresses signataires. Par exemple, dans un article portant dix adresses dont trois françaises, la France ne pèse que 0,3. Or, les fusions d’universités entre 2016 et 2020 ont réduit le nombre d’adresses françaises, biaisant ainsi les résultats. La seconde objection est d’ordre arithmétique. L’essor des pays émergents, notamment la Chine et l’Inde, qui ont vu leur part de publications mondiales passer de 10 % à 34 %, a mécaniquement fait reculer les pays établis comme la France. Si l’on exclut ces pays, la part de la France dans les citations aurait été de 3,58 % au lieu de 2,7 %.
Le contexte
La France se vante de consacrer 2,22 % de son PIB à la recherche, un chiffre qui, sur le papier, semble impressionnant. Cependant, cela soulève la question : ces dépenses sont-elles réellement efficaces ? Le manuel de Frascati, qui encadre la définition des dépenses de recherche, laisse une latitude considérable. Ainsi, le dispositif fiscal français, le plus généreux de l’OCDE, incite les entreprises à qualifier des dépenses parfois éloignées de la recherche fondamentale.
Les chiffres à retenir
– Part de la France dans les publications mondiales : 4,1 % à 1,9 % (2005-2024)- Contribution aux 10 % d’articles les plus cités : recul de plus de 60 %- Part de la France dans les citations (hors Chine et Inde) : 3,58 % au lieu de 2,7 %- Dépenses de recherche en France : 2,22 % du PIB
Ce que cela révèle
La réalité est plus complexe que le discours officiel. La France veut briller sur la scène scientifique, mais les chiffres montrent un décalage inquiétant entre communication et réalité. Alors que le pays se vante d’une forte dépense en recherche, il pourrait bien s’agir d’un mirage. Les fusions d’universités, loin d’améliorer la situation, pourraient avoir créé un effet d’optique trompeur. Au lieu de se concentrer sur la quantité de publications, il serait peut-être plus judicieux de s’interroger sur la qualité et l’efficacité des recherches menées.
Ce qu’il faut retenir
Le décrochage scientifique français est un fait. Si son ampleur reste à établir, il est urgent d’agir pour redresser la barre. La Cour des comptes devra éclaircir ces zones d’ombre, mais une chose est certaine : il est temps de passer des discours aux actes. La science ne peut pas se contenter de chiffres flatteurs ; elle a besoin de résultats tangibles.
Source : Hcéres
