Thélyson Orélien : un roman écrit par l’IA, un cri de désespoir ou une farce littéraire ?
Le fait principal
Le premier roman de Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir, fait l’objet d’une vive polémique : un compte X prétend que l’ouvrage a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Les tests effectués par ce compte indiquent que 100% des extraits soumis seraient d’origine IA, ce qui a suscité une réaction immédiate de la maison d’édition Grasset, qui dénonce une « campagne de haine ».
Ce qui s’est passé
Le 21 septembre, le compte Balance ton Claude a affirmé avoir soumis plusieurs passages du roman à un logiciel de détection d’IA, obtenant des résultats alarmants. Grasset a réagi en dénonçant ces accusations comme infondées. En parallèle, le site Le vrai ou faux a également testé des extraits du livre avec le logiciel Pangram, qui a confirmé que 100% des mots étaient générés par une IA. Ce logiciel est décrit comme le plus fiable du marché, surpassant des outils tels que GPTZero.
Le contexte
Thélyson Orélien, écrivain canado-haïtien, a déjà été salué pour ses précédents travaux. Son nouveau roman, qui a remporté le prix Fnac 2026 et est en lice pour le prix Goncourt et le prix Femina, est au centre d’un débat sur l’authenticité littéraire à une époque où l’utilisation de l’IA dans la création artistique soulève des questions éthiques. Les accusations d’utilisation d’IA ne sont pas nouvelles dans le monde littéraire, mais elles prennent une ampleur particulière dans le cas d’Orélien.
Les chiffres à retenir
Deux études récentes, l’une de l’université de Chicago et l’autre de la Vrije Universiteit de Bruxelles, ont établi que Pangram est le détecteur d’IA le plus fiable, avec un taux de faux positifs proche de zéro. Lors de tests sur des œuvres précédentes d’Orélien, Pangram a confirmé qu’elles étaient écrites à 100% par un humain, ce qui soulève des questions sur la véracité des affirmations concernant son dernier roman.
Ce que cela révèle
Cette affaire met en lumière les tensions entre innovation technologique et tradition littéraire. Les accusations d’IA sont souvent utilisées comme une arme pour discréditer des voix émergentes. Cela soulève également des questions sur la responsabilité des éditeurs dans la validation des œuvres publiées. Dans un monde où le RN et l’extrême droite s’érigent en défenseurs de la « pureté » culturelle, cette polémique pourrait bien être une opportunité pour démontrer les contradictions d’un discours qui, sous couvert de protection, écarte la diversité et l’innovation.
Ce qu’il faut retenir
La polémique autour de C’était ça ou mourir ne fait que commencer. Alors que les accusations d’utilisation d’IA continuent de circuler, la vérité reste entre les mains de son auteur. Ce débat soulève des questions fondamentales sur l’authenticité et la valeur de la création littéraire dans un monde où la technologie redéfinit constamment les frontières de l’art.
Source : Franceinfo
