L’Allemagne coupe dans le budget de l’UE : l’extrême droite applaudit, l’Europe s’inquiète.
Le fait principal
L’Allemagne, par la voix de son ministre des Affaires européennes, Günther Krichbaum, a fermement rejeté les propositions du président du Conseil européen, António Costa, visant à introduire de nouvelles taxes européennes pour financer le budget de l’UE. Berlin exige des coupes drastiques, menaçant ainsi l’équilibre budgétaire de l’Union.
Ce qui s’est passé
À Bruxelles, Krichbaum a accusé Costa de « perdre le sens des réalités » en plaidant pour de nouvelles « ressources propres » afin d’augmenter le budget à long terme de l’UE pour 2028-2034. Les demandes de Costa, soutenues par de nombreux pays, se heurtent à la résistance allemande, qui insiste sur des réductions de plusieurs centaines de milliards d’euros. Malgré des défaites politiques au sein de son propre parti, Krichbaum a affirmé que le gouvernement allemand restait stable et déterminé.
Le contexte
L’Allemagne, premier contributeur au budget de l’UE, a longtemps exigé des coupes de l’ordre de 20 %, tout en rejetant toute augmentation des contributions nationales. Costa, quant à lui, a averti que sans nouvelles taxes, les États membres devraient augmenter leurs contributions, ce que beaucoup refusent. Les propositions de la Commission européenne incluent des taxes sur le tabac, les entreprises, les émissions de carbone et les déchets électroniques, mais aucune n’a encore reçu le soutien nécessaire.
Les chiffres à retenir
Les taxes proposées devraient rapporter environ 66 milliards d’euros par an. Cependant, aucune des cinq propositions n’a été soutenue conjointement par les États membres, ce qui laisse planer le doute sur la viabilité du budget pour 2028-2034.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une contradiction flagrante dans la politique allemande : d’un côté, Berlin prône la rigueur budgétaire, tandis que de l’autre, elle refuse de participer à la solidarité européenne en matière de financement. Les déclarations de Krichbaum semblent ignorer les réalités économiques des autres États membres, qui peinent déjà à équilibrer leurs propres budgets. En somme, l’Allemagne veut donner une leçon de gestion à ses partenaires tout en fermant la porte à des solutions innovantes.
Ce qu’il faut retenir
Les discussions budgétaires européennes s’annoncent tendues, avec une Allemagne inflexible face à des propositions de Costa qui pourraient pourtant alléger la pression sur les États membres. La nécessité d’un compromis se fait pressante, mais le spectre d’un budget réduit pour 2028-2034 plane au-dessus de l’UE, menaçant sa cohésion et son avenir.
Source : Euractiv
