Nutri-Score : quand le RN défend la malbouffe au nom de la liberté d’informer les consommateurs !
Le lobbying à l’assaut du Nutri-Score et de Yuka
Le Nutri-Score et Yuka, deux outils de transparence alimentaire, font l’objet d’une guerre sournoise orchestrée par l’industrie agroalimentaire. Alors que ces initiatives visent à simplifier l’information nutritionnelle pour les consommateurs, elles se heurtent à une résistance acharnée. Pourquoi ? Parce qu’elles osent exposer les produits mal notés et, par conséquent, les intérêts économiques qui les soutiennent.
Ce qui s’est passé
Les attaques contre le Nutri-Score et Yuka ne se limitent pas à de simples critiques. Les lobbies, tels que l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA), ont déployé une panoplie de tactiques pour discréditer ces outils. De la diffusion de messages simplistes sur leur efficacité à la mise en place de campagnes de désinformation, la stratégie est claire : faire naître le doute chez le consommateur. Cette approche rappelle les méthodes utilisées par des secteurs tout aussi controversés, comme l’industrie du tabac.
Le contexte
La journaliste Stéphane Horel a mis en lumière ces mécanismes dans son enquête intitulée Lobbytomie, où elle décrit comment les lobbies s’emploient à instrumentaliser la science et à déplacer le débat public. En 2025, une série d’articles dans The Lancet a révélé que les producteurs d’aliments ultra-transformés freinent les politiques de santé publique à l’échelle mondiale, en utilisant des méthodes similaires.
Les chiffres à retenir
Une étude de 2023 indique que les publications financées par l’industrie agroalimentaire ont 21 fois plus de chances de conclure défavorablement au Nutri-Score. En France, des produits tels que le Roquefort et le foie gras, souvent mal notés, sont défendus par des lobbys qui prétendent que le Nutri-Score menace le patrimoine culinaire français. Pourtant, 62 % des produits traditionnels analysés obtiennent un A, B ou C selon l’analyse de Que Choisir Ensemble.
Ce que cela révèle
Ces manœuvres de lobbying révèlent un double discours. D’un côté, on défend la tradition culinaire ; de l’autre, on protège des intérêts économiques. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a d’ailleurs soutenu ces produits en qualifiant le Nutri-Score d’outil mensonger, tout en ignorant les preuves scientifiques qui montrent son efficacité. Dans un contexte où la santé publique devrait primer, ce type de discours semble plus motivé par la préservation de profits que par le bien-être des consommateurs.
Ce qu’il faut retenir
Le Nutri-Score et Yuka, malgré les attaques, continuent de répondre à un besoin essentiel d’information claire. Les lobbies peuvent tenter de brouiller les pistes, mais la science et le soutien des citoyens semblent finalement plus forts que leurs manœuvres. Ce combat pour la transparence alimentaire est loin d’être terminé, mais il souligne les enjeux cruciaux d’une alimentation saine et responsable.
Source principale : The Lancet, 2025.
