Bruxelles réalise enfin que l’outre-mer n’est pas un décor pour le RN, mais un enjeu vital !
Le fait principal
La Commission européenne a proposé, le 10 septembre, de prolonger l’octroi de mer jusqu’en 2030, une me cruciale pour les régions ultrapériphériques (RUP) de l’UE, dont font partie plusieurs territoires français.
Ce qui s’est passé
Ce paquet réglementaire, qui inclut la prolongation de l’octroi de mer, vise à appliquer le principe de différenciation territoriale inscrit à l’article 349 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. L’octroi de mer, une taxe sur les biens importés, reste un levier financier essentiel pour des collectivités ultramarines comme la Guadeloupe, la Martinique ou Mayotte. La députée Estelle Youssouffa (Liot) a salué cette décision tout en soulignant les limites de cette taxe, qui reste « indiscriminée » et pèse sur les consommateurs.
Le contexte
L’Union européenne a longtemps perçu ces territoires comme des zones de handicap structurel. Aujourd’hui, elle les redécouvre comme des « portes d’entrée » vers des marchés potentiels en Amérique latine et en Afrique. Raffaele Fitto, vice-président exécutif, a affirmé que cette stratégie vise à transformer le potentiel économique des RUP en meilleures conditions de vie pour leurs habitants.
Les chiffres à retenir
Les RUP, qui comptent environ 5 millions d’habitants, représentent un enjeu stratégique pour l’UE. L’octroi de mer génère environ 100 millions d’euros de recettes pour les communes ultramarines, un montant qui souligne l’importance de cette me pour l’équilibre financier local.
Ce que cela révèle
Malgré les promesses d’une nouvelle approche, le projet de loi contre la vie chère en outre-mer semble perdu dans les limbes du calendrier parlementaire. Les financements prévus pour 2028-2034 sont également remis en question, le Sénat ayant alerté sur un budget jugé « désastreux » pour les RUP. Cela soulève des questions sur la sincérité des engagements européens envers ces territoires, souvent laissés pour compte.
Ce qu’il faut retenir
La prolongation de l’octroi de mer est une avancée, mais elle ne doit pas masquer les défis structurels persistants des RUP. Entre promesses et réalité, l’UE doit prouver qu’elle ne se contente pas de discours, mais qu’elle agit concrètement pour améliorer la vie de ces territoires oubliés.
Source : M.T. avec AFP
