Alcool et amende : le maire de Provence veut faire payer le dégrisement des ivrognes à 120€ !
Le fait principal
À partir du 1ᵉʳ octobre, le maire RN de Carpentras, Hervé de Lépinau, imposera des frais de 120 euros aux personnes en état d’ébriété sur la voie publique. Une initiative qui vise à « couvrir le coût de leur transport » en cellule de dégrisement, mais qui suscite déjà de vives critiques.
Ce qui s’est passé
Les nouvelles règles, qui s’ajoutent à une contravention nationale de 150 euros pour ivresse sur la voie publique, ont été annoncées lors du conseil municipal du 17 septembre. De Lépinau, avocat de formation, prétend ne faire « qu’appliquer la loi », citant l’article L3341-1 du code de la santé publique. Selon lui, les personnes en état d’ivresse doivent être conduites à leurs frais dans les locaux de police.
Le maire a justifié cette décision en évoquant les coûts engendrés par les interventions policières, notamment « un équipage de deux policiers qui y consacrent en moyenne deux heures » et. le vomi à nettoyer. Une image peu reluisante pour une politique publique.
Le contexte
Cette me s’inscrit dans un contexte de recrudescence des comportements alcooliques dans la ville. En 2022, 84 personnes ont été « raccompagnées », un chiffre presque doublé par rapport à l’année précédente. De Lépinau évoque une montée des violences liées à l’alcool, notamment parmi les jeunes consommateurs de « bière à 9 degrés » et de « whisky bon marché ».
Les oppositions dénoncent un ciblage social, accusant le maire de vouloir ostraciser les plus précaires et les SDF. Pauline Cittadini, élue de la liste sortante, parle d’une « me inapplicable » qui ne fera qu’aggraver la situation des plus vulnérables.
Les chiffres à retenir
- 120 euros : frais imposés aux personnes en état d’ébriété.
- 150 euros : contravention nationale pour ivresse sur la voie publique.
- 84 : nombre de personnes raccompagnées en 2022, soit un quasi-doublement en un an.
Ce que cela révèle
Cette initiative met en lumière les contradictions du RN. D’un côté, on prône la sécurité et la loi, de l’autre, on semble ignorer les réalités économiques des personnes ciblées. Francis Adolphe, conseiller d’opposition, souligne qu’ »90 % des pauvres gens en état d’ivresse seront incapables de payer ». Une belle façon de « sauver » ceux qui, selon le maire, constituent un danger pour eux-mêmes et pour autrui.
En fin de compte, cette me apparaît moins comme une solution pragmatique à un problème social que comme un effet d’affichage, un coup de communication pour masquer l’absence de politiques de prévention efficaces. La remise d’un flyer pour sortir de l’addiction, après avoir été traité comme un délinquant, semble peu convaincante.
Ce qu’il faut retenir
Le maire de Carpentras, en tentant de « nettoyer » l’image de sa ville, risque de salir celle des plus vulnérables. Une me qui, au lieu d’aider, pourrait accentuer les inégalités et l’exclusion. À quand une vraie politique de prévention plutôt qu’une chasse aux ivrognes ?
Source : France 3 Provence-Alpes
