Israël : des Arabes israéliens privés d’abris anti-missiles, la sécurité à deux vitesses !
Le fait principal
Depuis le début des bombardements iraniens en juin 2025, des citoyens arabes israéliens se voient refuser l’accès aux abris anti-missiles, mettant en lumière une discrimination raciale alarmante au cœur d’Israël.
Ce qui s’est passé
Nasser Kteilat, un Arabe israélien vivant à Tel-Aviv-Jaffa, a vécu cette situation tragique en se rendant dans un abri sécurisé. Alors que les sirènes retentissaient, lui et ses voisins, issus de différentes communautés, se sont réunis dans le hall de l’immeuble. Mais à la fin de l’alerte, une voisine leur a signifié qu’ils ne seraient plus les bienvenus lors de la prochaine alerte, les qualifiant d’« étrangers ». Cette exclusion n’est pas un cas isolé ; de nombreuses vidéos circulent sur les réseaux sociaux montrant des Arabes israéliens empêchés d’accéder aux abris.
Le contexte
Le député Ofer Cassif, membre de la liste Hadash-Taal, souligne que la discrimination ne touche pas seulement les Arabes israéliens, mais aussi d’autres groupes, comme des travailleurs étrangers et des familles venues d’Ukraine. En Israël, près de 2,5 millions de personnes n’ont pas accès à un abri, et les inégalités sont particulièrement marquées dans les communautés arabes. À Tamra, par exemple, une ville arabe de 40 000 habitants, il n’existe aucun abri public, tandis qu’une communauté juive voisine de moins de 10 000 habitants en possède plus de dix.
Les chiffres à retenir
Selon un rapport de 2018 du Contrôleur de l’État d’Israël, 46 % des citoyens arabes en Israël n’ont pas accès à des espaces de protection adéquats, contre 26 % pour la population générale. De plus, le long de la Route 85, les localités arabes disposent d’un abri pour 26 000 habitants, alors que la ville juive de Karmiel en a un pour 440.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une discrimination raciale institutionnalisée. Les communautés arabes, déjà marginalisées, font face à des obstacles juridiques pour construire des abris dans leurs logements. Pendant ce temps, le gouvernement israélien reste silencieux face à ces violations des droits humains. Les Bédouins, vivant dans des villages non reconnus, n’ont même pas accès à des infrastructures de base. Comme le souligne Marwan Abu Frieh, coordinateur régional pour le Néguev, ces communautés ont besoin de plus de 12 000 abris, mais n’en ont actuellement que 350.
Ce qu’il faut retenir
Les événements récents révèlent une fracture profonde au sein de la société israélienne. Alors que la guerre fait rage, la discrimination raciale et l’absence de protection pour les Arabes israéliens sont des réalités tragiques qui nécessitent une attention urgente. Le discours officiel sur l’égalité et la sécurité des citoyens semble s’effondrer face aux faits.
Sources : France 24, Observateurs, ONG Sikkuy-Aufoq, rapport du Contrôleur de l’État d’Israël.
