Françoise Gatel prolonge le programme ACV : un engagement municipal ou un coup de com’ ?
Le fait principal
Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire, a annoncé à Roanne la prolongation des programmes « Action cœur de ville » et « Petites Villes de demain » jusqu’à la fin du mandat municipal, désamorçant ainsi les inquiétudes des élus de petites villes.
Ce qui s’est passé
Lors d’un congrès à Roanne, qui a rassemblé 200 congressistes, Gatel a confirmé le maintien de ces initiatives, malgré ses réticences récentes à s’engager au-delà de 2027. Le Premier ministre a tranché en faveur d’une extension potentielle jusqu’en 2033, ce qui pourrait nécessiter une « clause de revoyure » à mi-mandat pour ajuster les priorités. Les deux axes principaux de cette nouvelle phase sont le logement et le commerce, un secteur en pleine tourmente.
Le contexte
Les villes de taille intermédiaire, souvent oubliées dans les politiques publiques, retrouvent un intérêt croissant. Cependant, la ministre n’a pas précisé les financements nécessaires pour ces programmes, laissant les élus dans le flou. Alors que le commerce de centre-ville est en crise, les fermetures d’enseignes s’accélèrent, et les maires insistent sur la nécessité de concentrer les efforts sur les centres urbains plutôt que sur l’étalement urbain.
Les chiffres à retenir
– Taux de chômage à Roanne : 7% (contre 12% auparavant).- Population de Roanne : regagne environ 600 habitants par an depuis 2020.
Ce que cela révèle
La promesse d’un engagement à long terme semble en décalage avec la réalité budgétaire incertaine. Gatel évoque une « vision renouvelée » des villes moyennes, mais les critiques fusent sur le manque de moyens concrets pour soutenir ces ambitions. Les élus, notamment Jean-François Debat, soulignent que le gouvernement a pénalisé les territoires industriels avec des choix budgétaires discutables. En effet, le discours politique s’affiche optimiste, mais les faits rappellent que le chemin vers la revitalisation est semé d’embûches.
Ce qu’il faut retenir
La prolongation des programmes pour les petites villes est une bonne nouvelle sur le papier, mais les doutes persistent quant aux financements et à l’efficacité réelle des mes. En attendant, les élus continuent de naviguer entre promesses gouvernementales et réalités locales, un exercice d’équilibriste qui semble de plus en plus périlleux.
Source : Localtis, Michel Tendil
