Le 28 mars dernier , 2500 personnes répondaient à l’appel de l’AFPS et défilaient dans Rennes en solidarité avec le peuple palestinien. Cette initiative se déclinait le même jour dans plusieurs villes de l’Hexagone , dans l’indifférence des médias. Le public présent était très militant, et il faut bien le dire, la moyenne d’age n’était pas très basse, et peu d’habitants des quartiers populaires étaient présents. C’est tout de même un chiffre non négligeable, dénotant une combativité dans la durée des organisations solidaires de la lutte du peuple palestinien, malgré le boycott médiatique et la répression qui s’abat sur la solidarité organisée avec le peuple palestinien.
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Notre courant, indépendantiste de gauche, était présent aux cotés d’autres sensibilités de la gauche bretonne ( UDB, Dispac’h, CFRB ). Nous reproduisons in extenso la prise de parole des organisateurs et organisatrices. Nous y notons avec satisfaction la demande d’arrêt des subventions du Conseil Régional de Bretagne aux industriels de la mort qui pullule sur notre territoire, que nous portons depuis plusieurs mois.
Intervention pour le 28 mars à Rennes
Il y a cinquante ans, le 30 mars 1976, Israël réprimait dans le sang une manifestation de Palestiniens qui protestaient contre le vol de leurs terres. L’armée tira sur la foule et 6 Palestiniens furent assassinés. Depuis, le 30 mars, Journée de la terre, est une journée de lutte et de manifestation pour les Palestinien·nes en Israël, en territoire palestinien occupé depuis 1967 (Gaza, Cisjordanie, Jérusalem), dans les camps de réfugiés et partout dans le monde pour refuser la colonisation, le vol des terres, dénoncer la Nakba (la catastrophe : l’expulsion de 800 000 Palestinien·nes entre 1947 et 1949 – un processus de dépossession qui ne s’est jamais arrêté depuis) et l’apartheid israélien.
À l’occasion de ce 50e anniversaire, le mouvement de solidarité se devait d’exprimer la solidarité du peuple de France avec le peuple de Palestine. Comme ici à Rennes, des manifestations se tiennent en ce moment même dans 17 régions de France avec le même message, repris par plus de 90 associations, partis, syndicats et collectifs pour rappeler dans un même mouvement unitaire notre attachement internationaliste à une paix juste et durable.
Si la guerre menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran depuis le 28 février, sert d’abord à maintenir leur contrôle sur le Moyen-Orient en faisant tomber le régime de Téhéran, elle est aussi utilisée par le gouvernement de Netanyahou pour aggraver et renforcer les crimes des forces d’occupation et des milices fascistes en Palestine occupée, à Gaza, comme en Cisjordanie y compris Jérusalem-Est.
Aujourd’hui, cette nouvelle escalade militaire israélo-Étatsunienne contre l’Iran est à dénoncer pour ce qu’elle est : une nouvelle offensive impérialiste contre les peuples de la région. Les populations palestinienne, libanaise, yéménite et bien sûr, iranienne sont les victimes de l’agenda politique de ces deux seigneurs de guerre.
Netanyahou et Trump ont tous les deux des élections cette année. L’un et l’autre espère tirer profit de cette stratégie guerrière quitte à violer une fois de plus les lois du droit international. Un « droit » que Trump affirme une fois pour toute soumis à son seul bon vouloir, et à celui de la force brute. Pour Israël, faire la guerre a toujours permis que le pouvoir colonial se renforce. Comme on peut le constater, même la soi-disant opposition libérale soutient totalement Netanyahou et s’aligne sur lui. Tout comme les États occidentaux qui en répétant comme un mantra le prétendu droit d’Israël à se défendre lui offrent en fait une totale impunité pour envahir les pays voisins et annexer de nouvelles terres en Palestine.
Netanyahou a donc intérêt à mener une guerre contre l’Iran, pour cela les prétextes les plus trompeurs sont bons : la lutte contre le terrorisme, la menace de l’arme nucléaire iranienne ou pire encore l’hypocrite intention d’aider le peuple iranien à lutter contre la tyrannie. Mais derrière ces slogans et ces prétextes, dans l’immédiat l’objectif de Netanyahu est de gagner en popularité avant les élections pour se maintenir au pouvoir quel qu’en soit le prix..
Et puis dans cette guerre, il y a aussi l’intérêt impérialiste des États-Unis, exacerbé cette fois-ci par l’administration Trump, fortement lié à la crise du dollar et à la concurrence avec la Chine qui importe la majeure partie de son pétrole du Venezuela et d’Iran. Ce n’est pas un hasard si ces deux pays ont été pris pour cible par les États-Unis. Et il y a aussi les élections de mi-mandat.
Comme cela a déjà été le cas en Irak, en Libye, en Syrie, en Afghanistan, au Liban et ailleurs, les États-Unis et Israël visent à déstabiliser les pouvoirs en place pour imposer leur contrôle sur des États soumis au chaos de la guerre, divisés entre différents groupes ethniques et religieux, car cela sert leurs intérêts. Ce sont là les véritables motivations de cette guerre inutile et criminelle contre l’Iran.
Et puis, il y a la Palestine, qui reste une épine plantée dans le pied de ces criminels. Car le peuple palestinien qui malgré l’occupation, la colonisation, l’apartheid et le génocide qui lui sont imposés depuis bientôt 80 ans continue de résister.
En dépit des 80 000 victimes officiellement recensées à Gaza, un territoire encore occupé à 60 % de sa superficie et détruit à 80 % ou l’aide humanitaire ne passe pratiquement plus depuis la guerre contre l’Iran, la population survit et même résiste à des conditions de vie insupportables.
En dépit de la colonisation qui progresse en Cisjordanie et plus d’un millier de victimes palestiniennes de l’armée ou des colons depuis le 8 octobre 2023, malgré les villes et les villages bouclés par des centaines de checkpoints, les multiples incursions violentes contre les camps de réfugiés et les communautés agricoles, la résistance palestinienne ne baisse pas les bras.
La résistance populaire fait face à la répression, les arrestations et la détention de presque 10 000 prisonnier-es palestinien-nes soumis à la torture dont des leaders comme Marwan Barghouti ou Ahmed Saadat, le peuple palestinien reste debout pour défendre sa terre et ses droits. C’est elle qui a motivé le soutien international, les manifestations innombrables et puissantes, les gréves comme en Italie, le refus des dockers de charger du matériel de guerre comme à Marseille, les flottilles pour Gaza etc…
C’est bien cette incroyable résistance qui finit par aboutir aux résolutions de l’ONU condamnant comme illégale et contraire au droit, la colonisation de la Palestine, aux avis de la CIJ ou de la CPI qui rappellent les règles du droit et de la justice internationales contre la loi du plus fort. C’est de cette résistance populaire que témoignent aussi les nombreux rapports internationaux, ceux de Francesca Albanese ou de toutes les plus grandes ONG internationales.
La guerre contre l’Iran est ainsi instrumentalisée par le gouvernement israélien pour détourner l’attention du génocide en cours à Gaza et du nettoyage ethnique en Cisjordanie, qui s’est intensifié ces derniers mois. Tant que les regards sont portés vers l’Iran plutôt que vers le Territoire occupé de Palestine, les forces d’occupation et les milices fascistes en profitent pour accentuer et renforcer leurs crimes. De nouvelles communautés sont chassées de leur terre, des villages et des quartiers de Qalqilya, Naplouse, Hébron, Jéricho, Ramallah, Tulkarem, Beit Jala ou Jérusalem-Est sont attaqués presque chaque jour, faisant de nouvelles victimes et de nombreux dégâts matériels.
Pour la défense des droits du peuple palestinien, nous exigeons aujourd’hui, une fois encore, de notre propre gouvernement qu’il agisse enfin pour défendre :
- L’auto-détermination du peuple palestinien qui doit être l’acteur de son propre destin
- Le droit au retour des réfugiés palestiniens
- La fin de l’occupation, de la colonisation, de l’apartheid
- Des sanctions contre Israël, l’arrêt immédiat des livraisons de matériel militaire.
- La suspension des accords commerciaux entre Israël et la Communauté Européenne.
- Un cessez-le-feu définitif et la fin du génocide à Gaza.
- L’arrêt de toute criminalisation et des procédures judiciaires contre les soutiens au peuple palestinien en France.
Et puisque nous sommes à Rennes, nous exigeons du Conseil Régional de Bretagne qu’il coupe toutes les subventions aux industries de l’armement complice du génocide et de la colonisation dans les territoires occupés.
Tant qu’il le faudra, nous continuerons de réclamer la justice pour la Palestine, l’arrêt définitif du génocide et de la guerre contre les peuples de la région !
AFPS.

2500 Manifestants à Rennes : Une Indifférence Médiatique Étonnante
2500 personnes ont défilé à Rennes pour la Palestine, mais les médias semblent avoir oublié d’en parler. Une belle démonstration de solidarité, mais où sont les jeunes des quartiers populaires ?
Le 28 mars dernier, 2500 personnes ont répondu à l’appel de l’AFPS et ont défilé à Rennes en solidarité avec le peuple palestinien. Ce chiffre, bien que significatif, soulève des questions : pourquoi si peu de jeunes des quartiers populaires étaient-ils présents ? Et pourquoi cette initiative, qui s’est déroulée dans plusieurs villes de France, a-t-elle été accueillie dans l’indifférence générale par les médias ?
Ce qui se passe réellement
Notre courant, indépendantiste de gauche, était présent aux côtés d’autres sensibilités de la gauche bretonne (UDB, Dispac’h, CFRB). Les organisateurs ont exprimé leur satisfaction face à la demande d’arrêt des subventions du Conseil Régional de Bretagne aux industriels de la mort, une revendication que nous portons depuis plusieurs mois. Ce rassemblement s’inscrit dans un contexte plus large : le 30 mars est la Journée de la Terre, commémorant la répression sanglante d’une manifestation palestinienne en 1976. C’est un jour de lutte pour les Palestinien·nes, qui continuent de résister à l’occupation et à la colonisation.
Pourquoi cela dérange
La présence de 2500 manifestants à Rennes est un chiffre non négligeable, mais il met en lumière une réalité troublante : la moyenne d’âge des participants était élevée, et les jeunes des quartiers populaires étaient absents. Cela soulève des questions sur l’inclusivité des mouvements de solidarité. Pourquoi les voix des plus jeunes, souvent les plus touchées par les injustices, sont-elles si peu représentées ?
Ce que cela implique concrètement
Cette indifférence médiatique et l’absence de certaines populations dans les manifestations soulignent une fracture dans la solidarité. Les médias, en choisissant de ne pas couvrir ces événements, contribuent à invisibiliser la lutte du peuple palestinien, tout en renforçant l’idée que ces questions ne concernent qu’une élite militante.
Lecture satirique
Ironiquement, alors que les gouvernements parlent de démocratie et de droits humains, ils ferment les yeux sur la répression des Palestiniens. Les promesses de justice et d’égalité semblent s’évaporer dès qu’il s’agit de soutenir les luttes des peuples opprimés. C’est presque comme si la solidarité était un concept à géométrie variable, applicable uniquement aux causes « à la mode ».
Effet miroir international
Cette situation rappelle les dérives autoritaires observées ailleurs, notamment aux États-Unis et en Russie, où les voix dissidentes sont souvent étouffées. Les gouvernements utilisent des prétextes fallacieux pour justifier leurs actions, tout en prétendant défendre des valeurs universelles. Une belle hypocrisie, n’est-ce pas ?
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, nous pouvons nous attendre à une marginalisation croissante des luttes pour la justice sociale. Les mouvements de solidarité risquent de devenir des espaces réservés à une élite militante, éloignant ainsi les voix qui ont le plus besoin d’être entendues.
Sources
Source : www.bretagne-info.bzh



