Souveraineté ou Censure ? Le Nouveau Visage des Médias au Sahel

Entre coups d’État et propagande, les médias au Mali, Burkina Faso et Niger se transforment en instruments de contrôle politique.

Depuis 2021, les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont opéré un virage médiatique sans précédent. Mais ne vous y trompez pas : cette transformation n’est pas seulement le fruit d’ingérences extérieures, mais aussi d’une volonté locale de reprendre le contrôle des récits. Bienvenue dans un monde où la souveraineté se mesure à la capacité de contrôler l’information, et où les journalistes sont souvent réduits au silence.

Ce qui se passe réellement

Les coups d’État successifs ont ouvert la voie à un « régime narratif » orchestré par les autorités de transition. Selma Mihoubi, géopolitologue, décrit ce phénomène comme une célébration d’une souveraineté retrouvée face à l’ancienne puissance coloniale française, tout en occultant les revers sécuritaires face aux groupes djihadistes. La création de médias tels que La Voix du Liptako et AES TV vise à établir un « alignement narratif » pour diffuser un message unique, celui de l’Alliance des États du Sahel.

La vulnérabilité économique, un terreau fertile

Dans un paysage médiatique déjà précarisé, les journalistes locaux sont mis au pas. Les agences de presse, comme la chinoise Xinhua, offrent leurs dépêches gratuitement, attirant les médias en quête de contenu. Mais attention, cette aubaine n’est pas synonyme d’adhésion idéologique, comme le souligne Mihoubi. En parallèle, la Russie s’illustre par des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux, saturant l’espace numérique de discours hostiles à la France.

Pourquoi cela dérange

Ce contrôle des médias pose une question cruciale : à quel prix la souveraineté est-elle acquise ? En célébrant une indépendance retrouvée, ces États masquent les réalités du terrain, où la sécurité est loin d’être assurée. La contradiction entre le discours officiel et la réalité du quotidien est frappante.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : une information biaisée, une population mal informée, et une démocratie qui s’étiole. Les journalistes, au lieu d’être des vigies de la société, deviennent des porte-parole de régimes autoritaires.

Lecture satirique

Ironie du sort : ces régimes qui se présentent comme les champions de la souveraineté ne sont-ils pas en train de reproduire les mêmes schémas de censure que ceux qu’ils dénoncent ? La promesse d’une information libre se heurte à la réalité d’une propagande d’État.

Effet miroir international

En observant ces dynamiques, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec d’autres régimes autoritaires, comme ceux de la Russie ou des États-Unis, où le contrôle de l’information est également un outil de pouvoir. La question se pose : jusqu’où ces États iront-ils pour maintenir leur récit ?

À quoi s’attendre

Les tendances actuelles laissent présager un renforcement de la censure et une manipulation accrue de l’information. Les journalistes, au lieu d’être des acteurs de la démocratie, risquent de devenir des figurants dans un théâtre d’ombres.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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