Burkina Faso : La démocratie, c’est pas pour nous !
Le capitaine Ibrahim Traoré déclare la guerre à la démocratie, et le Burkina Faso s’enfonce dans l’obscurantisme.
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Jeudi dernier, lors d’une prestation télévisée sur la RTP, le chef de la junte burkinabè, Ibrahim Traoré, a asséné un coup fatal aux illusions de transition politique. « Il faut que les gens oublient la question de la démocratie. La démocratie, c’est pas pour nous », a-t-il martelé. Une déclaration qui, à première vue, semble sortir tout droit d’un manuel de propagande autoritaire, mais qui, en réalité, ne fait que confirmer un virage idéologique déjà amorcé.
Ce qui se passe réellement
La transition politique, enclenchée après le premier putsch en janvier 2022, devait se conclure par des élections en juillet 2024. Mais la junte a adopté une charte lui permettant de rester au pouvoir cinq ans de plus, tout en dissous la Commission électorale nationale indépendante et en suspendant les activités des partis politiques. « Nous ne sommes pas dans une démocratie », avait déjà assumé Traoré l’année dernière.
Pour verrouiller son pouvoir, le régime militaire, hostile aux pays occidentaux, a interdit la diffusion de nombreux médias internationaux, dont RFI, et expulsé certains journalistes. La liberté de la presse, autrefois foisonnante, est désormais sous pression.
Une presse sous pression…
Le quotidien burkinabè Aujourd’hui commente avec une prudence qui frôle la complaisance : « La démocratie à l’occidentale, ça ne marche plus. IB invite ses compatriotes à se concentrer sur l’essentiel pour le Burkina Faso. » Un discours qui, sous couvert de patriotisme, semble surtout servir les intérêts d’un pouvoir militaire en quête de légitimité.
Liberté, justice, égalité…
En Guinée, le site Ledjely s’inscrit en faux contre cette vision : « Ceux qui propagent cette idée d’en finir avec la démocratie instrumentalisent souvent les crises électorales pour se soustraire à toute exigence de reddition des comptes. » En somme, la rhétorique de Traoré n’est rien d’autre qu’un prétexte pour confisquer le pouvoir et manipuler l’opinion.
Rejet global…
La junte a même réagi avec indignation à un rapport de Human Rights Watch sur les crimes de guerre au Burkina Faso, qualifiant le document de « torchon ». Une belle manière de détourner l’attention des véritables enjeux et de diaboliser ceux qui osent critiquer son régime.
Pourquoi cela dérange
Ce discours dénote une incohérence flagrante : d’un côté, Traoré prône un développementalisme à tout prix, et de l’autre, il piétine les valeurs démocratiques. En réalité, cette vision constitue un frein à l’émancipation du continent africain.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont directes : répression des libertés, restrictions de la presse, et un isolement croissant sur la scène internationale. Le Burkina Faso semble se diriger vers un avenir sombre, où la démocratie est reléguée aux oubliettes.
Lecture satirique
En somme, le capitaine Traoré nous invite à oublier la démocratie pour embrasser un régime militaire. Une belle ironie, quand on sait que les promesses de développement s’accompagnent d’une répression accrue. Le décalage entre ses discours et la réalité est frappant.
Effet miroir international
Ce phénomène n’est pas isolé. Des politiques autoritaires, comme celles de certains régimes en Russie ou aux États-Unis, montrent que la dérive vers l’autoritarisme est un mal qui ronge de nombreux pays. Le Burkina Faso n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.
À quoi s’attendre
À moins d’un retournement de situation, le Burkina Faso semble condamné à vivre sous le joug d’un régime militaire, où les droits humains et la démocratie sont sacrifiés sur l’autel de la « souveraineté nationale ».



