Sénégal : Quand le tandem présidentiel devient un duo de rivaux

Bassirou Diomaye Faye, le plus jeune président du Sénégal, et son mentor Ousmane Sonko, Premier ministre, semblent avoir échangé leurs promesses contre des ambitions personnelles.

Le 2 avril 2024, Bassirou Diomaye Faye, à 43 ans, est devenu le plus jeune président de l’histoire du Sénégal, succédant à son mentor Ousmane Sonko, le chef du Pastef. Deux ans plus tard, ce qui semblait être un duo prometteur se transforme en une danse délicate où chacun semble avoir ses propres pas à suivre.

Ce qui se passe réellement

Dans les institutions, rien n’a changé : Faye est toujours le chef de l’État et Sonko, son Premier ministre. Pourtant, ces derniers mois, les deux hommes ont pris des chemins divergents. Faye a réactivé la coalition « Diomaye Président », visant à rassembler des soutiens en dehors du Pastef, tandis que Sonko conserve la présidence du parti et sa propre coalition, l’« Alliance patriotique pour le travail et l’éthique » (Apte). Chacun semble désormais jouer dans sa propre cour, révélant ainsi des courants opposés au sein de la même mouvance présidentielle.

Le professeur Maurice Soundieck Dione de l’UGB de Saint-Louis les décrit comme « des associés rivaux » engagés dans une « lutte de pouvoir très stratégique » pour la présidentielle de 2029, ce qui, selon plusieurs sources, ralentit l’action gouvernementale.

7 milliards de dettes

Quel bilan dresser de ce duo à la tête du Sénégal ? Malgré une croissance de 6,7 % en 2025, le pays fait face à une dette publique bien plus élevée que prévu, atteignant 132 % du PIB en 2025, selon le FMI. Sept milliards de dollars de dettes accumulées sous l’administration précédente n’ont pas été déclarés, entraînant la suspension d’un prêt du FMI d’1,8 milliard de dollars et une dégradation de la note souveraine du Sénégal.

Dans ce contexte, le pays doit emprunter à des taux d’intérêt plus élevés, limitant les possibilités de financer des réformes d’envergure et obligeant les nouvelles autorités à remettre à plus tard leurs promesses sociales. Pendant ce temps, le taux de chômage a grimpé à 23,3 %, atteignant 29,2 % en zones rurales.

Pourquoi cela dérange

Les autorités mettent en avant des lois importantes adoptées, comme la création de l’Office national de lutte contre la corruption, mais ces initiatives semblent bien éloignées des réalités économiques et sociales du pays. Le décalage entre les discours politiques et la réalité vécue par les Sénégalais est frappant.

Ce que cela implique concrètement

Les promesses de réformes sociales se heurtent à une réalité budgétaire désastreuse. Les nouvelles lois, bien que louables, ne peuvent masquer l’inefficacité d’un gouvernement qui semble plus préoccupé par ses luttes internes que par le bien-être de la population.

Lecture satirique

En somme, Faye et Sonko semblent jouer à un jeu de chaises musicales où personne ne veut rester debout trop longtemps. Les discours sur la lutte contre la corruption et le développement économique résonnent comme des échos dans un couloir vide, tandis que les véritables enjeux sont laissés de côté. Qui aurait cru qu’un duo prometteur finirait par ressembler à une sitcom politique ?

Effet miroir international

En observant ce spectacle, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec d’autres régimes autoritaires à travers le monde, où les luttes de pouvoir prennent souvent le pas sur les besoins des citoyens. Les promesses de démocratie et de progrès se heurtent à la réalité d’un pouvoir qui se déchire de l’intérieur.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il est probable que cette rivalité interne continuera de freiner l’action gouvernementale, laissant les Sénégalais dans l’incertitude. Les promesses de réformes sociales pourraient bien rester des vœux pieux, tandis que les véritables défis économiques demeurent sans réponse.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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