Alors que le gouvernement envisage d’élargir le travail le 1er mai, le PS veut relancer le dialogue social. «Si on n’est pas entendu, il peut y avoir une censure», a déclaré Olivier Faure.
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Publié: 12.04.2026 à 14:41 heures
AFP Agence France-Presse
Le patron du PS Olivier Faure a menacé dimanche le gouvernement de Sébastien Lecornu du dépôt d’une motion de censure avec les autres groupes de gauche sur la question du travail le 1er mai, estimant nécessaire de «poser des limites» pour «ce jour tellement symbolique». «Sur ce sujet là, (…) il ne peut pas y avoir autre chose que la relance du dialogue social», a-t-il déclaré lors d’une interview sur franceinfo et France Inter, en partenariat avec «Le Monde».
Une proposition de loi visant à élargir le travail le 1er mai pourrait faire l’objet prochainement d’une réunion de conciliation entre sénateurs et députés. Ses promoteurs souhaitent que cette commission mixte paritaire ait lieu rapidement, dès ce mardi, afin que le texte puisse s’appliquer le 1er mai 2026.
«Avec l’ensemble des partis de gauche»
Vendredi, après le rejet tactique de ce texte par ses défenseurs à l’Assemblée pour accélérer son examen, le groupe communiste a proposé aux autres groupes de gauche de déposer une motion de censure. Les Insoumis ont confirmé se joindre à l’initiative, mais ces deux groupes n’ont à eux seuls pas assez de députés signataires possibles pour en permettre le dépôt.
Olivier Faure a déclaré dimanche avoir échangé avec le président du groupe communiste, Stéphane Peu, lequel considère selon lui que «si on n’est pas entendu, si le dialogue social ne trouve pas sa place, eh bien effectivement, il peut y avoir une censure».
Cette censure pourrait se faire «avec l’ensemble des partis de gauche qui considèrent qu’à un moment, il faut aussi poser des limites», a affirmé Olivier Faure. «Parce que si on ne les pose pas, y compris pour ce jour tellement symbolique, on sait que c’est la porte ouverte à la déconstruction du Code du travail».
Les syndicats seront reçus
Le patron du PS a toutefois aussi «remerci(é)» le Premier ministre Sébastien Lecornu d’avoir promis de ne pas «passer en force», précisant avoir également échangé avec lui sur le sujet. Une promesse formulée dimanche par Matignon, qui a demandé que le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou reçoive les syndicats lundi soir.
Olivier Faure a réclamé que «la commission mixte paritaire ne soit pas convoquée», et jugé que la question pourrait être réglée par «décret». La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a de son côté estimé sur France 3 que le dialogue social ne pouvait être «éludé», mais souhaité que le texte soit «applicable pour le 1er mai prochain».
1er Mai : Quand le PS joue à la censure pour sauver le dialogue social
Le gouvernement veut élargir le travail le 1er mai, et le PS brandit la menace d’une motion de censure. Ironie du sort : le dialogue social est plus que jamais sur la sellette.
Alors que le gouvernement de Sébastien Lecornu envisage d’élargir le travail le 1er mai, le patron du Parti Socialiste, Olivier Faure, s’est lancé dans une danse politique pour le moins acrobatique. « Si on n’est pas entendu, il peut y avoir une censure », a-t-il déclaré, comme si la censure était la solution miracle à un dialogue social en panne. Une promesse de relance du dialogue social, mais à quel prix ?
Ce qui se passe réellement
Le PS menace de déposer une motion de censure avec d’autres groupes de gauche, arguant qu’il est impératif de « poser des limites » pour ce jour « tellement symbolique ». En effet, une proposition de loi visant à élargir le travail le 1er mai pourrait bientôt être discutée en commission mixte paritaire. Les promoteurs de cette initiative souhaitent que le texte soit applicable dès le 1er mai 2026. Mais qui a dit que la fête du travail devait être une fête ?
Pourquoi cela dérange
La contradiction est flagrante : d’un côté, le PS appelle à un dialogue social, et de l’autre, il brandit la menace de censure. Si le dialogue social est si essentiel, pourquoi ne pas l’encourager au lieu de le menacer ? C’est un peu comme si l’on proposait un banquet tout en brandissant un couteau. Les promesses de dialogue semblent s’évanouir face à la réalité d’une politique qui oscille entre la censure et la concertation.
Ce que cela implique concrètement
Si cette motion de censure est déposée, cela pourrait entraîner un blocage législatif, ajoutant une couche de complexité à un débat déjà tendu. Les syndicats, quant à eux, sont invités à se prononcer, mais dans quel cadre ? Un cadre où le gouvernement semble déjà avoir pris sa décision, laissant peu de place à la concertation réelle.
Lecture satirique
Il est presque comique de voir le PS, qui a souvent été accusé de manquer de fermeté, se transformer en champion de la censure. « Si on n’est pas entendu », dit Faure, comme si le gouvernement allait soudainement se mettre à l’écoute des murmures de la gauche. La promesse d’un dialogue social se heurte à la réalité d’un gouvernement qui semble plus intéressé par l’élargissement des heures de travail que par le bien-être des travailleurs. Un vrai numéro de funambule sur le fil du rasoir.
Effet miroir international
En observant cette situation, on ne peut s’empêcher de penser à des régimes autoritaires qui musèlent la voix des opposants tout en prétendant dialoguer. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, la rhétorique est souvent la même : un discours de façade sur le dialogue, tandis que les décisions se prennent dans l’ombre. La France, elle aussi, semble s’engager sur cette voie, où la censure devient un outil de gestion des dissentiments.
À quoi s’attendre
Si cette situation perdure, nous pourrions assister à une érosion progressive des droits des travailleurs, sous couvert de « modernisation » et de « dialogue social ». Les promesses de concertation pourraient bien se transformer en un lointain souvenir, tandis que le 1er mai deviendrait un jour comme les autres, où le travail prime sur la célébration.
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