1.700 heures de cours perdues : le collège bordelais à l’ère de l’absentéisme
Dans un collège de Bordeaux, les élèves ont perdu près de 1.700 heures de cours depuis septembre, laissant les parents s’interroger sur l’avenir de l’éducation. Une situation « anormale » que le rectorat peine à justifier.
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Ce qui se passe réellement
Dans ce collège bordelais, les élèves ont perdu près de 1.700 heures de cours depuis septembre en raison du non-remplacement d’enseignants absents. Mobilisé depuis novembre, le collectif de parents « On veut des profs » n’a cessé d’alerter le rectorat, qui reconnaît lui-même une situation « anormale ». Ces 1.700 heures représentent 13 % du temps d’enseignement non assuré et jusqu’à 20 % du temps scolaire passé en permanence pour certains élèves, selon un décompte du collectif. Ces chiffres dépassent la moyenne nationale équivalente à 9 % en 2023-2024 — 10,3 millions d’heures perdues dans les collèges publics — selon un rapport de la Cour des comptes, qui dénonce un « préjudice direct » pour les enfants.
Comment le collège en est-il arrivé là ? « Un concours de circonstances », répond l’académie de Gironde, sans plus de précisions. Certaines sources évoquent un « problème de management au niveau de la direction », mais pour David Pijoan, professeur de mathématiques et responsable Snes-Fsu en Gironde, « le rectorat et les services académiques ont manqué à leurs obligations ».
Pourquoi cela dérange
Cette situation n’est pas simplement une anomalie isolée, mais le reflet d’un système éducatif en crise. Les absences longues n’ont pas été remplacées au début, puis très mal remplacées par des contractuels et des vacataires « travaillant dans des conditions précaires ». Ce problème « chronique » de remplaçants est dû à des choix opérés au niveau national ces dernières années. Les parents, eux, se retrouvent à jongler entre l’angoisse de l’avenir scolaire de leurs enfants et la réalité d’un système qui semble avoir oublié ses priorités.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont directes : des élèves qui passent jusqu’à 20 % de leur temps en permanence, privés d’enseignement. Les parents, inquiets pour la rentrée 2026, manifestent devant les services départementaux de l’Éducation nationale, déplorant des promesses « reposant sur des moyens provisoires et non sécurisés ». Une enveloppe horaire ne vaut que si les ressources humaines existent réellement, et pour l’instant, elles font cruellement défaut.
Lecture satirique
Il est fascinant de constater comment, dans un pays qui se vante de son système éducatif, des élèves se retrouvent à faire des heures de permanence comme s’ils étaient en stage de préparation à la vie active… sans le moindre enseignement. Pendant ce temps, les promesses des autorités ressemblent à un mauvais sketch : « Ne vous inquiétez pas, tout ira bien ! » Oui, mais quand ? Peut-être que la réponse se cache dans un concours de circonstances, comme le prétend l’académie.
Effet miroir international
En matière d’éducation, la France n’est pas seule à faire face à des dérives. À l’étranger, des politiques autoritaires et ultraconservatrices, comme celles observées aux États-Unis ou en Russie, montrent que l’éducation peut rapidement devenir un champ de bataille idéologique. Mais ici, c’est un autre type de guerre qui se joue : celle de l’absence, où les élèves sont les premières victimes.
À quoi s’attendre
Si la situation ne change pas, il est à craindre que de plus en plus de parents se tournent vers le privé, espérant échapper à ce désastre éducatif. Marc Baudemoulin, représentant de la FCPE pour le collège, met en garde : sans « garantie réelle d’avoir plus de moyens pour la rentrée 2026 », l’avenir de l’éducation publique pourrait se dessiner dans des couleurs très sombres.




