Périscolaire à Paris : Deux animateurs écroués pour violences sexuelles sur une vingtaine d’enfants
Après les révélations de plusieurs enfants scolarisés à l’école publique parisienne Saint-Dominique, deux animateurs du périscolaire ont été écroués le vendredi 22 mai. Une animatrice a été placée sous le statut plus favorable de témoin assisté.
L’information judiciaire ouverte ce jour-là porte sur « des faits commis au préjudice d’une vingtaine d’enfants » par ces animateurs, poursuivis « pour des faits à caractère sexuel », selon le parquet. Les mis en examen, âgés de 52 et 44 ans, sont respectivement originaires du Brésil et du Cameroun, comme l’indiquent les audiences auxquelles l’AFP a assisté.
Le suspect né au Brésil, père de famille aux longs cheveux ondulés grisonnants, a calmement écouté les accusations portées contre lui, assisté d’un interprète. Il est poursuivi pour « un certain nombre de faits », notamment des viols ou agressions sexuelles sur mineur de moins de 15 ans, dénoncés par « plusieurs victimes », a précisé la juge.
Les avocats des suspects ont appelé à la prudence, soulignant les implications médiatiques et politiques de cette affaire. « L’histoire judiciaire a plusieurs fois démontré que l’emballement médiatique dans ce type de dossiers peut conduire à des erreurs majeures », ont-ils déclaré. Le second suspect, originaire du Cameroun, est lui mis en examen pour « des faits d’agression sexuelle sur plusieurs périodes » et exhibition sexuelle.
Les parents d’élèves de Saint-Dominique, réunis dans le collectif « Les petits héros de Saint-Do », ont exprimé leur fierté envers les enfants qui ont dénoncé les faits, tout en faisant part de leur colère envers les institutions, accusant celles-ci d’avoir ignoré des signaux d’alerte.
L’ouverture de cette information judiciaire, qui concerne le périscolaire dans trois écoles du VIIe arrondissement de Paris, a été précédée de l’audition de 44 enfants par la Brigade de protection des mineurs. Mercredi, 13 autres personnes avaient été interpellées avant d’être remises en liberté, faute de « charges suffisantes » à leur encontre.
Actuellement, une centaine d’enquêtes sont en cours dans la capitale, touchant principalement les écoles maternelles, primaires et crèches. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a salué une « accélération des enquêtes » et a engagé un plan d’action de 20 millions d’euros pour le périscolaire, le qualifiant de « priorité absolue ».
Source : AFP











