Turkménistan : le champion des fuites de méthane en 2025, et ce n’est pas une médaille d’or
Le Turkménistan s’impose comme le leader mondial des fuites de méthane, un titre qui ne devrait pas faire la fierté d’un pays. Pendant que le monde s’inquiète du climat, les infrastructures vieillissantes continuent de cracher des gaz à effet de serre à un rythme alarmant.
Les plus grosses fuites de méthane de l’année 2025 ont été révélées grâce à l’analyse de données satellitaires. Elles proviennent essentiellement de sites pétroliers et gaziers répartis dans le monde entier. Mais c’est au Turkménistan qu’on en trouve le plus dans la liste des vingt-cinq plus importantes, établie par le Stop Methane Project de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA).
Ce qui se passe réellement
Le méthane est un gaz à effet de serre au pouvoir réchauffant bien supérieur à celui du dioxyde de carbone. De ce fait, il joue un rôle non négligeable dans le réchauffement de la planète. Il a tout de même l’avantage de disparaître de l’atmosphère en une dizaine d’années, soit bien plus rapidement que le CO2 (qui met environ un siècle à s’effacer). Ainsi, réduire les émissions de méthane, en particulier en évitant les fuites, équivaudrait à un “freinage d’urgence”, souligne The Guardian.
SOURCES : STOP METHANE PROJECT UCLA, « THE GUARDIAN »
“C’est vraiment rageant,” se désole auprès du quotidien britannique Cara Horowitz, de l’UCLA. “Ces fuites sont le résultat d’un mauvais entretien : si on rénovait un tout petit peu les infrastructures, si elles étaient bien tenues, une très grande partie du problème disparaîtrait.”
Efforts insuffisants
En 2023 déjà, The Guardian avait révélé l’ampleur des milliers de mégafuites de méthane qui menacent le climat, et pointé du doigt les émissions “hallucinantes” du Turkménistan. Une dénonciation qui avait conduit cette république d’Asie centrale à adopter un plan pour les limiter. Pourtant, les données analysées correspondant à une période allant du 1er janvier au 31 décembre 2025 montrent que les efforts ne sont pas suffisants.
“La direction a déclenché un dispositif spécial, les fuites sont réparées dans les deux à trois jours,” assure au Guardian Muhammetberdi Byachiev, directeur du service Protection de l’environnement de Türkmengaz, la compagnie gazière publique – la plus grande d’Asie centrale –, qui met en avant une collaboration avec l’ONU, l’Agence internationale de l’énergie et l’Union européenne. “Mais les dernières analyses montrent que des ‘mégafuites’ persistent,” affirme le quotidien.
Le Turkménistan n’est pas le seul pays à apparaître dans la liste des vingt-cinq plus importantes fuites de méthane de 2025. On en observe aussi aux États-Unis, en particulier au Texas. Cinq se trouvent au Venezuela et trois en Iran, provenant d’installations appartenant à l’État. “Cette liste reste cependant un instantané qui indique l’emplacement probable des plus grosses sources d’émissions de méthane issues de l’exploitation d’hydrocarbures et donne la possibilité de procéder à court terme à des corrections,” souligne l’UCLA.
Pourquoi cela dérange
Les promesses de réduction des émissions de méthane semblent se heurter à une réalité bien moins reluisante. Les infrastructures vieillissantes et le manque d’entretien sont des problèmes récurrents qui mettent en lumière l’inefficacité des politiques environnementales. Pendant que les dirigeants se congratulent pour leurs initiatives, le Turkménistan continue de fuir comme un bateau qui prend l’eau.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont claires : un réchauffement climatique accéléré, des écosystèmes menacés et une population qui subit les effets d’une politique énergétique défaillante. Pendant que les dirigeants se préoccupent de leur image, la planète continue de suffoquer.
Lecture satirique
Il est fascinant de voir comment des gouvernements peuvent promettre monts et merveilles tout en laissant des fuites de méthane s’échapper comme des secrets bien gardés. On pourrait presque croire que le Turkménistan a trouvé une nouvelle façon de se faire remarquer sur la scène internationale : « Regardez-nous, nous sommes les champions des fuites de méthane ! »
Effet miroir international
Et pendant ce temps, aux États-Unis, les discussions sur le changement climatique se heurtent à des intérêts économiques bien ancrés. Les promesses de réduction des émissions semblent souvent se heurter à la réalité des lobbys pétroliers. Une belle ironie, n’est-ce pas ?
À quoi s’attendre
Si les tendances actuelles se poursuivent, nous pouvons nous attendre à une intensification des crises climatiques et à une aggravation des conditions de vie pour des millions de personnes. Les promesses politiques ne suffiront pas à masquer la réalité des faits.
Sources
Source : www.courrierinternational.com

