Sommet Donald Trump-Xi Jinping : La trêve entre la Chine et les États-Unis reste fragile
Après deux jours de visites et de négociations à Pékin, les dirigeants des États-Unis et de la Chine, Donald Trump et Xi Jinping, ont qualifié leur rencontre de « fantastique succès » et de « visite historique ». Toutefois, les résultats concrets de ce sommet demeurent modestes et flous.
La rencontre a eu lieu sans incidents notables, un fait significatif compte tenu des tensions persistantes entre les deux pays et du contexte international marqué par la guerre en Iran. Cependant, l’absence d’annonces majeures a suscité à la fois déception et soulagement.
Instrumentaliser les dépendances de l’adversaire
Les observateurs qui craignaient que Donald Trump, connu pour son approche instinctive, fasse des concessions importantes à la Chine, notamment en matière de Taïwan ou d’exportations de semi-conducteurs avancés, ont été rassurés. Les attentes d’un grand accord commercial ou d’un accès garanti aux ressources stratégiques, comme les terres rares, n’ont pas été satisfaites. Au-delà du nouveau discours sur une « relation constructive de stabilité stratégique », les enjeux du sommet se dessinent par contraste.
La dynamique de la relation sino-américaine a évolué depuis 2017, année de la dernière visite d’un président américain en Chine. Au cours de la dernière décennie, Pékin et Washington ont élargi leurs arsenaux de coercition économique pour exploiter les dépendances de l’autre. Les États-Unis imposent des contrôles sur les exportations de semi-conducteurs, ce qui freine le développement chinois de l’intelligence artificielle. De leur côté, les autorités chinoises ont montré leur volonté d’utiliser leur contrôle sur les terres rares pour exercer une pression sur les États-Unis, en réponse aux restrictions américaines.
En octobre, une « trêve » d’un an a été convenue, suspendant les mes respectives des deux parties.
La compétition, une tendance structurelle
La rencontre n’a pas abouti à des avancées concrètes. Le communiqué américain évoque que « la Chine résoudra les préoccupations américaines » concernant les terres rares, mais sans précisions. Ce levier reste puissant et discrétionnaire, et les efforts des États-Unis pour réduire leur dépendance à la Chine ne porteront leurs fruits que dans plusieurs années.
Le coût de l’escalade avec Pékin a augmenté depuis 2017, poussant l’administration américaine, composée de « faucons », à adopter une rhétorique moins antagonique. La préservation de la trêve commerciale est devenue une priorité, bien que celle-ci reste fragile, la compétition technologique entre les deux superpuissances étant une tendance structurelle à long terme.
Les communiqués des deux pays révèlent également des divergences. Alors que le communiqué américain aborde la question de l’Iran, le communiqué chinois ne mentionne pas ce sujet, mais souligne l’importance de Taïwan, qui a été omise dans le texte américain. Ces silences illustrent les divergences fondamentales qui continueront d’affecter la relation bilatérale.
Un bilan contrasté pour l’Europe
Les retombées de cette accalmie pour l’Europe sont ambivalentes. La stabilité commerciale est bénéfique, et l’absence d’un grand accord qui marginaliserait l’Europe est un soulagement. L’intérêt mutuel pour discuter de la sécurité de l’intelligence artificielle est également une bonne nouvelle.
Cependant, il sera plus difficile pour l’Europe de s’unir avec Washington face aux surcapacités chinoises et aux déséquilibres commerciaux, alors que les États-Unis ont établi un modus vivendi avec Pékin.











