Retour à Palmyre, par Antoine Pecqueur (Le Monde diplomatique, avril 2026)

Retour à Palmyre

Palmyre, oasis emblématique du désert syrien, est l’un des sites archéologiques les plus remarquables du Proche-Orient. Connue sous le nom grec de Palmyre ou araméen de Tadmor, cette ville antique a été un carrefour entre les civilisations romaine et perse, et un point névralgique sur les routes commerciales. Aujourd’hui, elle est également voisine d’une ville moderne, mais son histoire est marquée par de nombreuses destructions, notamment durant la guerre civile syrienne.

En 1980, l’UNESCO a inscrit Palmyre au patrimoine mondial de l’humanité. Les premières études archéologiques datent du XVIIIe siècle, révélant l’intégration de Palmyre à l’Empire romain, ainsi que des influences culturelles provenant de la région. Pascal Butterlin, professeur d’archéologie orientale à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, souligne que le site fait partie intégrante du récit national syrien, figurant même sur les billets de banque, symbolisant l’unité du pays à travers la figure de la reine Zénobie, qui s’opposa à l’empereur Aurélien au IIIe siècle.

La grande colonnade de Palmyre, qui s’étend sur plus d’un kilomètre, est bordée de monuments emblématiques tels que le théâtre, l’agora et les thermes. En 2015, l’Organisation de l’État islamique (OEI) a causé des destructions massives, dynamitant des temples dédiés aux divinités principales de la ville, comme Bêl et Baalshamin, et exécutant le directeur des antiquités. M. Butterlin résume la situation en affirmant que le patrimoine, auparavant victime de dommages collatéraux, est devenu une cible délibérée.

Le contrôle de Palmyre a été repris par l’armée russe en 2016, marquant une tentative de restauration et de préservation des vestiges. L’orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg a même donné un concert dans les ruines, symbolisant un retour à la culture et à l’histoire.

En conclusion, Palmyre représente non seulement un héritage archéologique inestimable, mais aussi un symbole de résilience face à la destruction. Les efforts de préservation et de réhabilitation sont cruciaux pour garantir la pérennité de ce site emblématique.

Source : Le Monde diplomatique, avril 2026.

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