Retour à la case départ : quand la peur prend le dessus

Cédric Balcon-Hermand
04.04.2026

Retour à la case départ : quand la peur prend le dessus

Fatima Sajjadi, 26 ans, traverse la frontière entre l’Iran et l’Afghanistan, fuyant un conflit qu’elle espérait éviter. Une réalité glaçante pour les femmes sous le joug des talibans.

La semaine dernière, après deux jours de trajet, Fatima Sajjadi a traversé la frontière entre l’Iran et l’Afghanistan, toujours en proie à une toux déclenchée par les incendies de dépôts de carburant à Téhéran. Âgée de 26 ans, cette jeune étudiante de Bouchehr a d’abord refusé de retourner chez elle en Afghanistan lorsque la guerre a éclaté, en partie à cause des nombreuses restrictions imposées aux femmes par le gouvernement taliban. Mais lorsque sa résidence universitaire a été évacuée, que son université a fermé et que sa santé s’est détériorée, ses parents l’ont exhortée à changer d’avis. “Nous voulions endurer la guerre, mais après trois semaines, la peur a pris le dessus”, raconte-t-elle, de retour en Afghanistan.

Ce qui se passe réellement

Fatima Sajjadi, étudiante en MBA à l’université du golfe Persique, fait partie des milliers d’étudiants, d’employés du bâtiment et de familles afghanes à avoir fui le conflit en Iran. En février, l’Afghanistan a connu l’afflux de personnes venues d’Iran le plus massif depuis le début de la guerre, avec 70 000 individus recensés par l’agence des Nations unies pour les migrations (OIM) sur les deux premières semaines de mars. Bien qu’ils aient échappé au danger immédiat des frappes, ces réfugiés se retrouvent face à une pauvreté extrême.

Pourquoi cela dérange

Ce retour forcé en Afghanistan soulève des questions sur l’efficacité des politiques migratoires et sur la manière dont les gouvernements traitent les crises humanitaires. Les promesses de sécurité et de protection des droits des femmes se heurtent à la réalité brutale des restrictions imposées par les talibans. Comment peut-on parler de progrès lorsque les femmes sont à nouveau réduites au silence ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette situation sont désastreuses. Les femmes comme Fatima, qui aspirent à une éducation et à une vie meilleure, se retrouvent piégées dans un système qui leur refuse l’accès à l’autonomie. Leurs rêves sont étouffés par des politiques qui semblent plus préoccupées par le contrôle que par la protection des droits humains.

Lecture satirique

Il est ironique de constater que, dans un monde où les droits des femmes sont souvent brandis comme un étendard, des gouvernements ferment les yeux sur les réalités vécues par des millions de femmes. Les discours politiques promettent des lendemains meilleurs, mais la réalité est que pour des femmes comme Fatima, le retour à la maison est synonyme de retour à l’oppression.

Effet miroir international

Cette situation n’est pas unique à l’Afghanistan. Dans d’autres parties du monde, notamment aux États-Unis et en Russie, les discours autoritaires et ultraconservateurs continuent d’éroder les droits des femmes et des minorités. La peur et la répression semblent être des stratégies universelles pour maintenir le contrôle.

À quoi s’attendre

Les tendances actuelles laissent présager une aggravation des conditions de vie pour les réfugiés et les populations vulnérables. Si rien ne change, la peur continuera de régner, et les promesses de liberté resteront lettre morte.

Sources

Source : www.courrierinternational.com

Visuel — Source : www.courrierinternational.com
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