Quand Xi Jinping invite l’opposition taïwanaise : un pas vers la réconciliation ou un coup de poker ?
La Chine tend la main à Taïwan, mais est-ce un geste amical ou une manœuvre politique ?
Dans un monde où les tensions géopolitiques se mesurent à l’aune des invitations diplomatiques, Xi Jinping a décidé de jouer la carte de l’ouverture en invitant Cheng Li-wun, la présidente du Kuomintang (KMT), à une visite en Chine. La première depuis 2016, cela pourrait sembler être un pas vers la réconciliation. Mais, à y regarder de plus près, n’est-ce pas plutôt un coup de maître pour renforcer la mainmise de Pékin sur Taipei ?
Ce qui se passe réellement
Xi Jinping invite l’opposition taïwanaise en Chine. La Chine a invité la dirigeante du parti d’opposition taïwanais à se rendre sur le continent le mois prochain, pour “la première visite de ce type effectuée par un dirigeant en exercice du Kuomintang [KMT] depuis 2016”, observe Bloomberg. Le président chinois a personnellement adressé cette invitation à Cheng Li-wun, qui a plaidé en faveur de liens plus étroits avec la Chine. La délégation taïwanaise est attendue à Jiangsu, Shanghai et Pékin du 7 au 12 avril. On ignore si Mme Cheng s’entretiendra avec Xi, une rencontre qu’elle a souvent souhaitée. “Cette annonce coïncide avec la visite de sénateurs américains à Taïwan”, ce qui pourrait irriter la Chine, qui “revendique l’île comme son propre territoire”, rappelle Bloomberg.
Pourquoi cela dérange
Ce geste diplomatique soulève des questions. Est-ce vraiment une volonté d’apaisement ou une tentative de diviser l’opposition taïwanaise ? Pendant que Xi tend la main, il renforce son discours nationaliste et son autoritarisme. La promesse d’un dialogue se heurte à la réalité d’une pression constante sur Taïwan, qui se voit toujours considérée comme une province rebelle par Pékin.
Ce que cela implique concrètement
Pour Taïwan, cette invitation pourrait être un piège. En acceptant, Cheng Li-wun pourrait légitimer le discours de Xi, tout en risquant de perdre le soutien populaire. La question demeure : jusqu’où l’opposition est-elle prête à aller pour établir des relations avec un régime qui ne connaît pas la démocratie ?
Lecture satirique
Ironie du sort, alors que Xi Jinping invite l’opposition taïwanaise à discuter de « liens plus étroits », les États-Unis, de leur côté, envoient des sénateurs à Taïwan, comme pour dire : « Ne vous inquiétez pas, nous sommes là pour vous protéger, même si nous ne faisons rien de concret. » Un véritable ballet diplomatique où chacun joue sa partition, mais où le peuple taïwanais reste le spectateur d’un drame dont il n’est pas l’auteur.
Effet miroir international
Ce scénario n’est pas sans rappeler d’autres régimes autoritaires qui utilisent le dialogue comme un outil de manipulation. En Russie, par exemple, les promesses de paix se heurtent à la réalité d’une guerre. La stratégie de Xi pourrait bien s’inscrire dans cette même logique : faire semblant d’ouvrir le dialogue tout en resserrant l’étau.
À quoi s’attendre
Si cette invitation est acceptée, il est probable que les tensions entre Taïwan et la Chine s’intensifient. La communauté internationale observera de près, mais que peut-on réellement attendre d’un dialogue avec un régime qui ne respecte pas les droits humains ?
Sources
Source : www.courrierinternational.com

