Poutine et Pashinyan : Le tango des hypocrites

Cédric Balcon-Hermand
04.04.2026

Poutine et Pashinyan : Le tango des hypocrites

L’Arménie flirte avec l’UE, tandis que Poutine joue les gardiens d’un empire en déclin. Qui a dit que la politique ne pouvait pas être un spectacle comique ?

Lors d’une rencontre au Kremlin, Vladimir Poutine a déclaré que l’Arménie envisageait de renforcer ses relations avec l’Union européenne. Étonnant, n’est-ce pas ? Un homme dont le pays est réputé pour son autoritarisme et ses ingérences politiques se présente comme un sage, prônant la « clarté » et l’« honnêteté ». Mais ne vous y trompez pas, il a rapidement ajouté que l’adhésion à l’Union économique eurasienne (UEE) et à l’UE était « impossible ». Un peu comme dire à un enfant qu’il ne peut pas avoir à la fois des bonbons et des légumes. La réalité est que l’Arménie est coincée entre un roc et un endroit dur.

Ce qui se passe réellement

L’UEE, dirigée par la Russie, est un club exclusif où l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan et le Kirghizstan se retrouvent pour discuter de la libre circulation des biens et des capitaux. Mais pendant ce temps, Poutine se vante de vendre du gaz à l’Arménie à un prix « nettement » inférieur à celui de l’UE. En Europe, le gaz coûte plus de 600 dollars les 1 000 mètres cubes, tandis qu’en Arménie, il est à 177,5 dollars. Une belle manière de dire : « Je vous fais un prix, mais vous êtes toujours sous ma coupe. »

Depuis la paix avec l’Azerbaïdjan, l’Arménie cherche à se rapprocher de l’UE, et Pashinyan a même évoqué une future adhésion. Mais il a aussi précisé qu’il ne pouvait pas jongler avec les deux blocs indéfiniment. « Quand il sera temps de choisir, ce sera fait par les citoyens arméniens », a-t-il affirmé, comme si cela allait réellement se passer sans ingérence. Poutine, quant à lui, espère que les forces pro-russes seront libres de participer aux élections législatives. Une belle manière de dire : « Faites ce que vous voulez, mais n’oubliez pas qui est le patron ici. »

Pourquoi cela dérange

Les tensions entre l’Arménie et la Russie se sont intensifiées depuis que l’Azerbaïdjan a récupéré le Karabakh. Pashinyan a suspendu l’adhésion de l’Arménie à l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) après que Moscou a brillé par son absence lors des escalades de conflit. « Nous ne pouvons pas expliquer à notre peuple pourquoi l’OTSC n’a pas réagi », a-t-il déclaré. Un vrai casse-tête pour un gouvernement qui veut faire croire à sa population qu’il est en contrôle.

Ce que cela implique concrètement

Les implications sont claires : l’Arménie se détourne de la Russie tout en essayant de maintenir une façade d’amitié. Les promesses de démocratie de Pashinyan semblent se heurter à la réalité d’un Poutine qui ne lâche pas prise. Les élections en Arménie, où Pashinyan se vante de la liberté d’expression, contrastent avec la répression en Russie, où des voix dissidentes se retrouvent derrière les barreaux.

Lecture satirique

Il est presque comique de voir Poutine, le maître du jeu autoritaire, donner des leçons de démocratie à Pashinyan. « L’Arménie est un pays démocratique », clame Pashinyan, tandis que Poutine, en bon chef d’orchestre, espère que les pro-russes ne seront pas trop gênés par les lois arméniennes. Comme si l’on pouvait avoir un orchestre sans chef d’orchestre !

Effet miroir international

Ce spectacle n’est pas sans rappeler d’autres dérives autoritaires à travers le monde. Les États-Unis, avec leur discours sur la démocratie, tout en soutenant des régimes douteux, ou la Russie, qui prône la « stabilité » tout en muselant les opposants. L’hypocrisie est un sport international, et l’Arménie en est le dernier terrain de jeu.

À quoi s’attendre

À l’avenir, l’Arménie pourrait bien se retrouver dans une danse encore plus complexe, jonglant entre les attentes de l’UE et les exigences de Moscou. Les citoyens arméniens devront faire face à des choix difficiles, mais avec un peu de chance, ils ne se laisseront pas berner par les promesses creuses.

Sources

Source : fr.euronews.com

Visuel — Source : fr.euronews.com
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