Pâques en Centrafrique : Festin ou Farce ?

Cédric Balcon-Hermand
04.04.2026

Pâques en Centrafrique : Festin ou Farce ?

En Centrafrique, Pâques est un banquet de traditions, mais derrière les mets savoureux se cache une réalité troublante.

INTRODUCTION : Alors que les familles se réunissent autour de plats emblématiques pour célébrer Pâques, on pourrait se demander si ce festin est vraiment un symbole de partage ou simplement une distraction face aux défis quotidiens. Qui aurait cru qu’un plat de feuille de Gnétum pourrait masquer les véritables enjeux sociaux et politiques du pays ?

Ce qui se passe réellement

En Centrafrique, Pâques n’est pas seulement une fête religieuse. C’est un moment durant lequel les familles se retrouvent autour de repas hors du commun. Pendant le week-end pascal, elles préparent des recettes traditionnelles, avec des plats qui deviennent des symboles de transmission et de partage.

De notre correspondant à Bangui,

Dans la cuisine, véritable cœur battant de la maison, les arômes se mêlent et racontent déjà une histoire : celle d’un repas préparé avec soin, à partir de recettes transmises de génération en génération. Les ingrédients sont soigneusement disposés, et les gestes, précis, presque rituels, sont exécutés avec fierté par les enfants de la maison, sous le regard attentif des parents.

Nicoletta, la mère de famille, décrit avec émotion le menu de ce jour particulier. « Aujourd’hui, nous mangeons le plat emblématique qu’est la feuille de Gnétum à l’arachide et à la viande de brousse. À côté, il y a de l’agneau rôti, de la boule de manioc et des beignets de maïs. Nous avons aussi du vin de palme comme boisson locale. Chez nous, le repas de Pâques est presque un rituel sacré », explique-t-elle.

Au centre de la table, les mets trônent avec générosité : plats mijotés, accompagnements variés et boissons rafraîchissantes. Pour Moïse Nzoya, chaque repas de Pâques porte en lui une histoire, une origine, un souvenir. « Nous avons également le vin de palme et le vin à base de mil. Chez nous, Pâques est un mélange de repas et de boissons traditionnels. Lorsque nous nous réunissons en famille après la messe, nous partageons une calebasse de vin de palme ou de mil. Rien qu’en sentant l’odeur ou en voyant le décor, cela donne envie de boire. Chacun boit à tour de rôle, ce qui crée une véritable connexion, en lien avec nos traditions », raconte-t-il.

Chaque famille célèbre Pâques avec le repas emblématique de son choix. Lorsque toute la famille est réunie, comme le souligne Housny Webi, un silence respectueux s’installe, accompagné d’une prière, marquant ainsi le caractère sacré de ce moment de partage.

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Pourquoi cela dérange

Alors que les familles se régalent, il est difficile de ne pas penser aux réalités socio-économiques qui pèsent sur le pays. La Centrafrique, souvent en proie à des conflits et à l’instabilité, semble parfois utiliser ces moments de fête comme une couverture pour masquer des problèmes plus profonds. Les plats savoureux, bien que symboliques, ne suffisent pas à nourrir les espoirs d’un avenir meilleur.

Ce que cela implique concrètement

Les repas de Pâques, bien que riches en traditions, soulignent aussi les inégalités persistantes. Tandis que certains se régalent, d’autres peinent à joindre les deux bouts. La célébration de ces traditions peut-elle vraiment occulter les défis quotidiens ?

Lecture satirique

Il est ironique de constater que, dans un pays où la lutte pour la survie est quotidienne, les discours politiques semblent se concentrer sur des promesses de prospérité, tandis que la réalité est tout autre. Les dirigeants pourraient-ils envisager de servir un plat de réalité au lieu de festins de promesses non tenues ?

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, cette situation rappelle les discours de nombreux dirigeants qui, tout en prônant le progrès, continuent d’ignorer les inégalités croissantes. Les parallèles avec des politiques autoritaires, où le festin est souvent réservé à une élite, ne sont pas à négliger.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il est probable que ces célébrations continueront d’être un moyen de rassembler les familles, mais elles devront également faire face à la réalité des défis socio-économiques. Les promesses politiques devront être confrontées à des actions concrètes pour que ces repas ne soient pas qu’un simple répit dans un quotidien difficile.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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