« Nous sommes la France ! » : Saint-Denis en résistance contre le racisme

Cédric Balcon-Hermand
05.04.2026

« Nous sommes la France ! » : Saint-Denis en résistance contre le racisme

Samedi, des milliers de manifestants se sont rassemblés à Saint-Denis pour dénoncer le racisme, un acte de bravoure face à une campagne de haine orchestrée par certains médias.

Ce week-end, la ville de Saint-Denis a vibré au rythme des chants de résistance. À l’appel du nouveau maire Insoumis Bally Bagayoko, plusieurs milliers de personnes se sont réunies pour affirmer haut et fort que le racisme n’a pas sa place en France. Un rassemblement festif, sans incidents, qui a vu la participation de figures politiques de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon et Mathilde Panot, tous unis dans une lutte contre l’extrême droite. Mais derrière cette belle façade de solidarité, se cache une réalité bien plus complexe.

Ce qui se passe réellement

Victime d’une campagne de haine depuis son élection le 15 mars, Bally Bagayoko a dénoncé l’« irresponsabilité d’un ensemble de médias racistes » qui alimentent le racisme. Il a appelé à une nouvelle mobilisation le 3 mai à Paris, un rendez-vous que le député Eric Coquerel a confirmé sur X. Environ 6 000 personnes ont répondu à l’appel, scandant des slogans de résistance, tandis que la Marseillaise clôturait ce rassemblement citoyen.

Pourquoi cela dérange

La présence de personnalités politiques, bien que symbolique, soulève des questions. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une « vague de racisme écœurant » provenant des élites politico-médiatiques. Pourtant, ces mêmes élites ont souvent été silencieuses face à la montée de l’extrême droite. La contradiction est flagrante : comment défendre la lutte contre le racisme tout en étant complice d’un système qui le nourrit ?

Ce que cela implique concrètement

Le rassemblement de Saint-Denis n’est pas qu’un simple acte de protestation, c’est un cri de désespoir face à une société qui semble de plus en plus divisée. Les attaques contre Bally Bagayoko, comparé à « la famille des grands singes » sur Cnews, illustrent une dérive inquiétante où le racisme devient une opinion, et non un délit. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour injure publique, mais cela suffira-t-il à freiner cette spirale de haine ?

Lecture satirique

Alors que le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, affirme que « la place d’un ministre n’est pas dans une manifestation citoyenne », on ne peut s’empêcher de sourire face à cette déconnexion. Les promesses de lutte contre le racisme se heurtent à une réalité où les ministres préfèrent rester à l’abri des foules. La lutte contre le racisme est-elle vraiment partagée par le gouvernement, ou est-ce juste un slogan de campagne ?

Effet miroir international

À l’échelle internationale, les discours d’extrême droite se multiplient, que ce soit aux États-Unis ou en Russie. Les parallèles sont troublants : des gouvernements qui prétendent défendre leur peuple tout en alimentant la haine. La France, avec ses propres démons, n’est pas à l’abri de cette dérive autoritaire. La question se pose : jusqu’où irons-nous avant de réaliser que le racisme est un poison qui ronge notre société ?

À quoi s’attendre

Le rassemblement du 3 mai à Paris sera un test crucial. Les tensions entre LFI et le PS, malgré quelques soutiens, pourraient bien faire surface. La méfiance est palpable, et les promesses de solidarité risquent de s’évanouir face à la réalité politique. Les citoyens doivent rester vigilants et continuer à faire entendre leur voix.

Sources

Source : www.nicematin.com

Visuel — Source : www.nicematin.com
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