Norbert Basengezi Katintima : Le Nouveau Vice-Président de la République Démocratique du Congo, ou Comment Élever l’Incompétence à un Nouveau Sommet

Cédric Balcon-Hermand
05.04.2026

Norbert Basengezi Katintima : Le Nouveau Vice-Président de la République Démocratique du Congo, ou Comment Élever l’Incompétence à un Nouveau Sommet

L’élection de Norbert Basengezi Katintima comme deuxième vice-président du Sénat congolais, malgré un passé entaché de sanctions américaines, soulève des questions sur la santé de la démocratie en RDC.

Ce vendredi 3 avril 2026, la République Démocratique du Congo a vu l’élection de Norbert Basengezi Katintima, candidat unique de l’Union sacrée de la nation, comme nouveau deuxième vice-président. Élu avec 87 voix sur 95, il remplace Modeste Bahati Lukwebo, qui a eu le malheur de s’opposer à une réforme constitutionnelle. Voilà un bel exemple de démocratie à la congolaise : un candidat unique, une majorité écrasante, et un ancien vice-président qui a pris la porte pour avoir osé exprimer un avis divergent. Qui a dit que la politique était un sport de combat ? Ici, c’est plutôt un match de dominos.

Ce qui se passe réellement

Norbert Basengezi Katintima, 68 ans, originaire du Sud-Kivu, a un parcours politique qui ferait pâlir d’envie n’importe quel caméléon. Économiste de formation, il a gravi les échelons de la politique congolaise depuis la Conférence nationale souveraine de 1991. Après avoir été gouverneur du Sud-Kivu, député national, et même ministre de l’Agriculture, il a été élu vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) en 2015. Un vrai parcours de combattant, n’est-ce pas ? Sauf que ce combattant a été mis sur la touche par les États-Unis, qui l’accusent de corruption et de détournement de fonds publics depuis 2019.

Pourquoi cela dérange

La situation devient cocasse lorsque l’on considère que l’Union sacrée de la nation, à laquelle appartient Katintima, détient près de 100 sièges sur 109 au Sénat. Cela ressemble à un spectacle de marionnettes où les fils sont tirés par un seul maître. La démocratie, ici, est plus une formalité qu’une réalité. La démission de Bahati Lukwebo, pour avoir eu le malheur de critiquer une réforme constitutionnelle, souligne l’absence de débat réel. Qui a besoin de discussions quand on peut simplement balayer les dissentiments sous le tapis ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette élection sont claires : la continuité d’un système où la critique est étouffée et où les voix dissidentes sont rapidement réduites au silence. Les sanctions américaines qui pèsent sur Katintima ne semblent pas vraiment le déranger, et cela soulève des questions sur l’intégrité des institutions congolaises. Si les responsables politiques peuvent se permettre de détourner des fonds sans conséquence, qu’en est-il de la population qui souffre des effets de cette corruption ?

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment la politique congolaise se transforme en une farce tragique. Les promesses de changement et de transparence se heurtent à la réalité d’un système où l’incompétence et la corruption sont les véritables gagnants. Katintima, avec son sourire de vainqueur, semble incarner cette ironie cruelle : un homme sous sanctions, élu à un poste de pouvoir, comme si la démocratie était un jeu de société où les règles peuvent être modifiées à volonté.

Effet miroir international

En regardant au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec d’autres régimes autoritaires, comme ceux des États-Unis ou de la Russie, où les voix critiques sont également muselées. La démocratie, dans ces contextes, devient un mot à la mode, utilisé pour justifier des décisions qui contredisent les principes mêmes qu’elle est censée défendre. La RDC, avec son nouveau vice-président, semble suivre cette tendance inquiétante.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il est probable que la RDC continuera sur cette voie, avec un gouvernement qui privilégie la loyauté à l’efficacité. Les promesses de réformes et de changement risquent de rester lettre morte, tandis que la population devra faire face aux conséquences d’une gouvernance défaillante. Espérons que la résistance populaire saura se lever contre cette mascarade.

Sources

Source : www.dw.com

Visuel — Source : www.dw.com
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