"Marseille, la mer et la résistance : des bateaux pour Gaza"

Cédric Balcon-Hermand
05.04.2026

« Marseille, la mer et la résistance : des bateaux pour Gaza »

Une flottille de vingt bateaux français part de Marseille pour briser le blocus israélien, mais est-ce vraiment un acte de bravoure ou une simple opération de communication ?

Samedi 4 avril, une vingtaine de bateaux français ont quitté le port de Marseille, direction Gaza. L’objectif ? Briser le blocus israélien, comme si une poignée de voiliers pouvait renverser des décennies de tensions géopolitiques. « Gaza, Marseille est avec toi ! » scandaient plus d’un millier de manifestants, comme si le simple fait de crier le nom de Gaza allait faire trembler les murs de Tel-Aviv.

Ce qui se passe réellement

Les navires, majoritairement des voiliers, ont pris le large sous une salve d’applaudissements, rejoignant la « Global Sumud Flotilla ». Cette flottille internationale, qui devrait rassembler une centaine de bateaux, s’apprête à naviguer vers Gaza autour du 20 avril, après une halte d’une semaine au sud de l’Italie pour une « formation à la non-violence ». Voilà un programme qui ferait rougir d’envie n’importe quel séminaire de développement personnel.


Un militant grimpe au mât d’un bateau arborant un drapeau palestinien, le 4 avril 2026, à l’Estaque, dans le port de Marseille.
© Clément Mahoudeau, AFP

« Redonner une visibilité à la Palestine »

Manon, membre d’équipage, affirme que l’objectif est de redonner une visibilité à la Palestine, car « on n’en parle pas trop en ce moment ». Étrangement, cela ressemble à une tentative de faire du bruit là où le silence est assourdissant. La skippeuse, dont les voiles portent une branche d’olivier peinte à la main, semble croire que la peinture et les slogans suffisent à changer le monde.

Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, a déclaré que ceux qui embarquent « sauvent l’honneur de la France ». Mais à quel prix ? Un prix qui semble plus symbolique qu’efficace, car il est difficile de croire que quelques voiliers puissent réellement influer sur les politiques israéliennes.

Pourquoi cela dérange

Cette initiative soulève des questions sur l’efficacité des actions symboliques face à des réalités géopolitiques complexes. Les discours passionnés masquent souvent des solutions simplistes à des problèmes profondément enracinés. En effet, comment peut-on espérer « casser le siège » avec des voiliers, quand des décennies de conflits armés n’ont pas réussi à le faire ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette flottille pourraient être minimes. Les autorités israéliennes ont déjà prouvé leur détermination à intercepter de telles initiatives. La première flottille, en 2025, avait été arraisonnée par la marine israélienne, qui n’a pas hésité à agir pour maintenir le blocus. Alors, que reste-t-il de cette bravade maritime ? Un coup d’épée dans l’eau ?

Lecture satirique

Les promesses de solidarité et d’action semblent se heurter à la réalité. Les discours politiques sont souvent déconnectés des faits. « Globalize the intifada » pourrait bien devenir le slogan d’une génération qui préfère les hashtags aux actions concrètes. La contradiction est flagrante : d’un côté, on prône la paix et la non-violence, de l’autre, on se prépare à braver des eaux tumultueuses sans plan clair.

Effet miroir international

À l’échelle internationale, cette flottille rappelle les dérives autoritaires des gouvernements qui, sous couvert de patriotisme, prennent des décisions qui nuisent à la paix. Les États-Unis, la Russie et d’autres pays ont souvent utilisé des actions symboliques pour masquer des politiques répressives. La France, avec cette flottille, semble jouer le même jeu, en espérant que le symbole suffira à apaiser les consciences.

À quoi s’attendre

Les tendances actuelles laissent présager que cette flottille pourrait rencontrer plus de résistance que de soutien. Les politiques internationales, notamment celles des États-Unis et d’Israël, ne semblent pas prêtes à céder face à des actions symboliques. Le chemin vers Gaza est semé d’embûches, et il est peu probable que quelques voiliers puissent réellement changer la donne.

Sources

Source : www.france24.com

Visuel — Source : www.france24.com
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