Mali : La junte de Goïta, entre fermeté affichée et capitulation embarrassante

Cédric Balcon-Hermand
04.04.2026

Mali : La junte de Goïta, entre fermeté affichée et capitulation embarrassante

La libération de 200 djihadistes par la junte malienne révèle une faiblesse insoupçonnée derrière une façade de fermeté. Un aveu d’impuissance face à Al-Qaïda ?

Dans un élan de bravoure, le général Assimi Goïta, chef de la junte au Mali, a décidé de libérer environ 200 djihadistes présumés. Une manœuvre qui, loin de renforcer son image de leader intrépide, ressemble plutôt à une capitulation face aux groupes armés qui menacent son pouvoir. Qui aurait cru qu’un général, armé jusqu’aux dents, se retrouverait à négocier avec des terroristes comme on marchande des légumes au marché ?

Ce qui se passe réellement

La libération des djihadistes, rapportée par l’Agence France-Presse, a été effectuée en échange d’une trêve des attaques sur les convois de carburant par le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), la branche sahélienne d’Al-Qaïda. Ce qui aurait pu être un acte de bravoure se transforme en un aveu de faiblesse. Selon des sources sécuritaires, parmi les libérés, on trouve au moins une quinzaine de « djihadistes aguerris, parmi lesquels quelques cadres ». Voilà qui donne une nouvelle définition à l’expression « faire des concessions ».

Depuis septembre 2025, la pression sur la junte n’a cessé d’augmenter. Le GSIM, dirigé par Iyad Ag Ghali, a mis en place un blocus sur les importations de carburant, incendiant des camions-citernes et érigeant des barrages sur les routes menant à Bamako. Une situation qui ferait rougir n’importe quel chef d’État, mais qui semble plutôt amuser le général Goïta.

Pourquoi cela dérange

Ce retournement de situation met en lumière les incohérences de la junte. D’un côté, Goïta se présente comme le défenseur de la nation, et de l’autre, il se voit contraint de négocier avec ceux qu’il prétend combattre. C’est un peu comme si un pompier, après avoir promis d’éteindre un incendie, se mettait à arroser les flammes avec de l’essence.

Ce que cela implique concrètement

La libération de ces djihadistes pourrait avoir des conséquences désastreuses. En renforçant les rangs de l’ennemi, la junte risque de se retrouver dans une spirale de violence encore plus intense. Les Maliens, déjà éprouvés par des années de conflit, pourraient bien se demander si leur général est vraiment à la hauteur de la tâche.

Lecture satirique

Le discours politique de Goïta, qui se veut ferme et déterminé, se heurte à la réalité. La promesse de sécurité et de stabilité semble désormais aussi solide qu’un château de cartes. En somme, la junte a échangé des promesses contre des prisonniers, et cela, sans même un coupon de réduction.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où des dirigeants, confrontés à des crises, choisissent de négocier avec des forces qu’ils prétendent combattre. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, la tendance à céder face à la pression est un mal qui semble contagieux.

À quoi s’attendre

Les Maliens peuvent s’attendre à une intensification des attaques, alors que les djihadistes libérés pourraient bien revenir sur le terrain avec un appétit de revanche. La junte, quant à elle, devra trouver un moyen de redorer son blason, mais à quel prix ?

Sources

Source : www.lemonde.fr

Visuel — Source : www.lemonde.fr
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