Lyon, la ville des promesses : un sommet pour la santé, mais pas pour le portefeuille

Cédric Balcon-Hermand
04.04.2026

Lyon, la ville des promesses : un sommet pour la santé, mais pas pour le portefeuille

Le One Health Summit à Lyon promet de l’unité pour la santé mondiale, mais le projet de loi de finances français pour 2026 prouve que les mots ne coûtent rien.

Du 5 au 7 avril, Lyon se transforme en capitale de la bienveillance avec le One Health Summit, un événement prestigieux sous le patronage du chef de l’État français. Les chefs d’État, scientifiques et acteurs de la société civile s’y réunissent pour promouvoir l’approche « Une seule santé », censée optimiser la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes. Tout cela sonne merveilleusement bien, n’est-ce pas ? Mais attendez un instant, car la réalité semble avoir pris un chemin bien différent.

Ce qui se passe réellement

Le projet de loi de finances pour 2026, qui se profile à l’horizon, est en totale contradiction avec les nobles objectifs du sommet. En effet, il prévoit une cinquième coupe en moins de deux ans pour l’aide publique au développement (APD), avec une réduction de 800 millions d’euros. L’aide multilatérale, pourtant mise en avant comme une priorité, est amputée de 42 % par rapport à 2025. Les contributions au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ainsi qu’à Gavi (l’Alliance du vaccin), sont également en chute libre. Et que dire de l’aide aux organisations humanitaires, qui subit une baisse sans précédent ?

Cette rupture dans la stratégie française de santé s’inscrit dans un contexte déjà fragilisé par la fermeture de l’Usaid, l’agence d’aide au développement des États-Unis, qui était un pilier de l’aide internationale. Les financements américains en santé se sont effondrés, et la nouvelle stratégie de santé mondiale des États-Unis marque une rupture avec les approches multilatérales traditionnelles.

Les accords bilatéraux, désormais privilégiés, excluent largement les ONG et les agences des Nations unies, se concentrant uniquement sur la lutte contre les maladies infectieuses, alors que les maladies non transmissibles prennent de l’ampleur dans les pays du Sud. Ces accords imposent des mesures de partenariat inéquitable, incluant le partage obligatoire des données nationales de santé.

Pourquoi cela dérange

Il est difficile de ne pas sourire (jaune) face à cette incohérence flagrante. D’un côté, un sommet qui prône le multilatéralisme et la solidarité mondiale ; de l’autre, un gouvernement qui coupe dans les budgets d’aide, comme si la santé mondiale était un luxe que l’on pouvait se permettre de réduire. C’est un peu comme si l’on organisait un gala de charité tout en fermant les portes de l’hôpital.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de ces décisions sont dramatiques. Moins d’argent pour la santé signifie moins de vies sauvées, moins de vaccins distribués et une aggravation des crises sanitaires dans les pays les plus vulnérables. En somme, un bel exemple de décalage entre les discours et la réalité.

Lecture satirique

Il est presque comique de voir nos dirigeants parler de « Une seule santé » tout en agissant comme si la santé des autres n’était pas leur problème. La promesse d’un multilatéralisme d’action se heurte à la triste réalité d’un budget qui ne laisse aucune place à l’empathie. C’est un peu comme si l’on vantait les mérites de l’amour tout en fermant la porte à ceux qui en ont besoin.

Effet miroir international

En parallèle, les États-Unis, avec leur fermeture de l’Usaid, semblent suivre une tendance inquiétante vers l’isolationnisme et le bilatéralisme, laissant de côté les approches multilatérales. Cela rappelle les dérives autoritaires où le bien-être collectif est sacrifié sur l’autel de l’intérêt national. Une belle ironie pour un sommet qui prône la coopération internationale !

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, nous pouvons nous attendre à une aggravation des crises sanitaires dans les pays du Sud, où les besoins sont déjà criants. Le monde de demain pourrait bien être un endroit où les promesses de solidarité ne sont que des mots vides, et où la santé mondiale est laissée à l’abandon.

Sources

Source : www.lemonde.fr

Visuel — Source : www.lemonde.fr
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