Les guépards, nouveaux trophées des pétromonarchies : un sauvetage qui soulève des questions

Cédric Balcon-Hermand
04.04.2026

Les guépards, nouveaux trophées des pétromonarchies : un sauvetage qui soulève des questions

Des guépardeaux sauvés de la contrebande, mais à quel prix pour leur espèce ? La réalité dépasse la fiction.

En septembre 2025, Neptune, Enki et Anuket, huit jeunes guépards, ont été miraculeusement secourus par les gardes-côtes du Somaliland. Ces félins, qui portent des noms de divinités de l’eau, ont été retrouvés entassés dans des sacs de pommes de terre à bord d’un dhow, un bateau traditionnel. Ce vaisseau, censé pêcher, s’est transformé en un triste vecteur de trafic animalier, transportant des guépards de la Corne de l’Afrique vers les pays du Golfe. Dans un monde où ces animaux sont exhibés comme des symboles de richesse sur les réseaux sociaux, il est ironique de constater que leur survie dépend de la lutte contre la contrebande.

Ce qui se passe réellement

Cette opération de sauvetage est l’une des plus significatives menées par le Somaliland dans sa lutte contre le trafic d’animaux menacés. Avec environ 500 guépards restants dans la Corne de l’Afrique et 7 100 dans le monde, le temps presse. Chaque année, des centaines de guépardeaux sont illégalement exportés vers la péninsule Arabique, où ils deviennent des trophées pour les riches. Chris Wade, directeur du Cheetah Conservation Fund, souligne que « un tiers des guépards restants de la Corne de l’Afrique se trouvent ici », dans un centre qui abrite 127 guépards, tous sauvés de braconniers ou de trafiquants.

Pourquoi cela dérange

Il est troublant de voir comment la lutte contre la contrebande peut s’apparenter à une simple opération de communication. Les autorités du Somaliland, tout en se présentant comme des protecteurs des guépards, semblent parfois plus préoccupées par leur image que par la réalité de la situation. La contradiction est flagrante : comment protéger une espèce en danger tout en permettant son exploitation pour le plaisir des riches ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette exploitation sont désastreuses. La survie des guépards est mise en péril par des décisions politiques qui semblent déconnectées des réalités environnementales. Les efforts de sauvetage, bien que louables, ne suffisent pas à compenser les pertes causées par le trafic. Si les guépards continuent d’être perçus comme des symboles de statut, leur extinction pourrait devenir une réalité inéluctable.

Lecture satirique

Dans un monde où les dirigeants prônent la protection de la faune, il est ironique de constater que les mêmes discours sont souvent accompagnés d’actions qui favorisent la destruction. Les promesses de conservation se heurtent à la réalité d’un marché noir florissant, où les guépards sont traités comme des accessoires de luxe. Les gouvernements, au lieu de combattre cette tendance, semblent parfois l’encourager, se contentant de quelques opérations de sauvetage pour apaiser les consciences.

Effet miroir international

Cette situation n’est pas unique au Somaliland. Dans d’autres régions du monde, comme aux États-Unis ou en Russie, les discours politiques sur la protection des espèces menacées sont souvent en décalage avec les actions réelles. Les politiques autoritaires, qui prétendent défendre la nature, sont souvent accompagnées de mesures qui favorisent l’exploitation des ressources naturelles au détriment de la biodiversité.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, nous pourrions assister à une extinction silencieuse des guépards, tandis que les riches continueront de les exhiber comme des trophées. Les efforts de conservation doivent être renforcés et les politiques doivent évoluer pour véritablement protéger ces espèces menacées, plutôt que de se contenter de gestes symboliques.

Sources

Source : www.lemonde.fr

Visuel — Source : www.lemonde.fr
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