Le rôle des « avalanches magnétiques » dans les tempêtes solaires éclairé
En janvier 2026, le Soleil a connu un pic d’activité qui a entraîné la formation d’aurores boréales, visibles jusqu’en France. Ce phénomène, connu sous le nom d’« éruption solaire », est surveillé de près par les spécialistes de la météorologie de l’espace, car ces événements peuvent, dans les cas les plus intenses, endommager les infrastructures électriques. Les mécanismes derrière ces éruptions deviennent de plus en plus clairs, comme le montre le travail de Lakshmi Pradeep Chitta de l’institut Max-Planck de recherche sur le Système solaire à Göttingen, en Allemagne.
Traditionnellement, il est admis qu’une tempête solaire se produit lorsque l’énergie stockée dans des champs magnétiques entrecroisés est libérée par un processus de « reconnexion ». Ce mécanisme implique la rupture et la réorganisation des lignes de champ magnétique, ce qui peut entraîner un chauffage brutal du plasma à des millions de degrés. Ce processus est souvent accompagné de l’émission de particules très énergétiques, même à distance du site de reconnexion.
Les astronomes ont pu observer ces phénomènes grâce à des images d’une éruption majeure, capturées en septembre 2024 par la sonde de l’ESA, Solar Orbiter. Les clichés en haute résolution ont permis d’examiner des éléments de quelques centaines de kilomètres de diamètre et de suivre les variations de température de la photosphère jusqu’à la couronne solaire. En tout, une période de quarante minutes précédant l’éruption a été analysée, avec des images prises toutes les deux secondes.
Dès le début, une arche sombre de lignes de champ magnétique tordues était présente. Cette structure était liée à un ensemble de lignes de champs à la surface du Soleil, formant une croix qui devenait de plus en plus lumineuse au fur et à me que de nouvelles lignes de champ s’ajoutaient, se brisant et se reconnectant, provoquant une instabilité croissante. Ce processus a été comparé à une avalanche de neige, où de petites perturbations magnétiques s’accumulent jusqu’à atteindre un point de rupture.
La sonde a également révélé que cette avalanche s’accompagne de l’émission de particules énergétiques sous forme de rayons X, qui transmettent leur énergie au plasma de la couronne, entraînant un phénomène de « pluie » de plasma. Bien que ce phénomène soit connu, il n’avait jamais été observé avec une telle précision.
Ces résultats enrichissent notre compréhension des mécanismes des éruptions solaires, ce qui pourrait améliorer la qualité des prévisions météorologiques spatiales à l’avenir.
Source : Pour la Science.






