La Mort : Un Passage Incontournable Vers l’Inconnu
Dans nos sociétés occidentales, la mort est un tabou, une disparition soigneusement évitée. À l’opposé, en Mélanésie, elle est célébrée comme une présence constante. Qui aurait cru que la mort pouvait être un sujet de fête ?
Ce qui se passe réellement
Autant de civilisations, autant de visions de la mort. Dans nos sociétés occidentales, elle est un scandale, une disparition occultée par la raison. Dans la société traditionnelle mélanésienne, la mort est vécue comme une présence constante et un passage. C’est cette vision qu’explore en 1992 ce numéro de la « matinée des autres » de Dany Toubiana avec l’ethno-géographe Joël Bonnemaison, l’anthropologue Louis-Vincent Thomas, le pasteur Lawi Lawi et Gabriel Poëdi, militant calédonien.
Une conception du monde où les morts restent présents
Voici comment Joël Bonnemaison décrit la présence des morts : « Dans le monde mélanésien, le mort est voisin, il est toujours là, il est présent et si bien qu’on l’enterre non pas dans des endroits spéciaux, il n’y a pas de cimetière, mais ils sont dans les lieux sociaux, ils sont enterrés sous les maisons, ils sont enterrés dans les places de danse. »
Ainsi, les morts ne disparaissent pas mais sont toujours proches, actifs, circulant dans des souterrains dédiés dont on fait même des cartes ; ils hantent, dérangent, se font voir, et participent activement à la vie de la société. Le monde des vivants et celui des morts coexistent, se juxtaposent parfois, se touchent, interagissent.
La mort, un passage du monde des vivants à celui des morts
En Nouvelle-Calédonie, si différents clans ont différents rituels, le système de croyances à la fois spirituel et métaphysique est partagé : c’est avant tout une porosité entre ces deux mondes. La mort n’est qu’un passage. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle n’est pas tragique : les « deuilleurs », comme ils les appellent, restent enfermés avec le corps pendant des jours, voire des mois, des années, pendant que le cadavre se décompose, se lamentant et pleurant la disparition du vivant et la naissance du mort.
Pourquoi cela dérange
Cette vision de la mort dérange profondément notre société occidentale, où la mort est souvent reléguée à l’arrière-plan, comme un mal nécessaire à cacher sous le tapis. Les rituels mélanésiens, qui intègrent les morts dans le tissu social, nous rappellent que la mort n’est pas une fin, mais un continuum. Cela remet en question notre rapport à la vie et à la mort, et surtout, notre manière de vivre.
Ce que cela implique concrètement
La manière dont nous traitons la mort a des conséquences directes sur notre santé mentale et notre bien-être. En évitant le sujet, nous créons une société de l’angoisse, où la mort est un sujet tabou, source de stress et de déni. À l’inverse, les sociétés qui intègrent la mort dans leur quotidien semblent mieux armées pour faire face à la perte.
Lecture satirique
Ah, la mort ! Ce grand inconnu qui fait tant peur aux politiciens. Pendant qu’ils promettent des réformes et des changements, ils oublient que la mort est le seul événement inévitable. Peut-être devraient-ils passer plus de temps à réfléchir à leur propre mortalité au lieu de jouer aux marionnettes avec nos vies. Qui sait, cela pourrait les inciter à agir avec un peu plus de sagesse.
Effet miroir international
Regardons au-delà de nos frontières : aux États-Unis, la mort est souvent commercialisée, transformée en spectacle. En Russie, elle est parfois utilisée comme un outil de propagande. Ces dérives autoritaires et ultraconservatrices montrent que, peu importe où l’on se trouve, la mort est un sujet qui dérange et qui est manipulé à des fins politiques.
À quoi s’attendre
Si nous continuons à ignorer la mort, nous risquons de créer une société encore plus déconnectée, où la souffrance est cachée sous le vernis d’une vie parfaite. Il est temps de redéfinir notre rapport à la mort, non pas comme une fin, mais comme une partie intégrante de notre existence.

