La Géorgie : Nouveau terrain de jeu pour les ambitions russes

Cédric Balcon-Hermand
04.04.2026

La Géorgie : Nouveau terrain de jeu pour les ambitions russes

Moscou transforme la Géorgie en plateforme de contournement des sanctions, tandis que Tchertkov se frotte les mains. Un coup de poker risqué pour un pays déjà en proie aux manigances russes.

Dans un monde où les sanctions internationales sont devenues le nouvel art de la guerre économique, la Russie a trouvé un complice inattendu : la Géorgie. Le 20 mars, les autorités de la région ukrainienne de Donetsk, occupée par la Russie depuis 2014, ont annoncé un accord avec une entreprise géorgienne pour l’exportation de charbon, de produits chimiques et de métaux. Une belle manière de dire « sanctions ? Quelles sanctions ? »

Ce qui se passe réellement

Ce contrat a été signé par Andreï Tchertkov, le chef du gouvernement pro-Kremlin de Donetsk, qui s’est réjoui de ce « premier pas concret vers l’établissement de relations commerciales à part entière » avec la Géorgie. En d’autres termes, un petit pas pour Tchertkov, mais un grand bond pour la Russie dans son jeu de contournement des sanctions.

Il est intéressant de noter que, hormis la Corée du Nord, aucun pays n’a reconnu l’annexion de cette région, rendant tout lien commercial avec des entités basées là-bas juridiquement illégal. Mais qui a besoin de la légalité quand on a un oligarque à la tête du gouvernement géorgien prêt à jouer le jeu ?

Pourquoi cela dérange

La situation est d’autant plus absurde que la Géorgie, dont 20 % du territoire est occupé par des troupes russes, semble se prêter au jeu. Le gouvernement, contrôlé par l’oligarque Bidzina Ivanichvili, est enclin à se rapprocher de Moscou, malgré les conséquences désastreuses que cela pourrait avoir pour sa propre souveraineté.

Ce que cela implique concrètement

Ce partenariat douteux pourrait renforcer la position économique de la Russie tout en affaiblissant la Géorgie. En effet, en se compromettant ainsi, la Géorgie risque de perdre toute crédibilité sur la scène internationale, tout en se mettant à dos ses alliés traditionnels.

Lecture satirique

Ironiquement, Tchertkov se félicite d’une « occasion d’élargir nos débouchés commerciaux », comme si le fait de vendre des ressources d’une région illégalement annexée était une victoire. C’est un peu comme si un voleur se vantait d’avoir trouvé un nouveau marché pour écouler ses biens volés. La promesse d’une prospérité partagée semble bien éloignée de la réalité.

Effet miroir international

Ce scénario rappelle les manigances d’autres régimes autoritaires, comme ceux de certains pays d’Amérique du Sud ou d’Asie, qui utilisent des méthodes similaires pour contourner les sanctions et maintenir leur pouvoir. La question est de savoir jusqu’où cela ira avant que le monde ne se rende compte de l’absurdité de la situation.

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, la Géorgie pourrait devenir un pion sur l’échiquier géopolitique, sacrifié au profit des ambitions russes. Les conséquences pourraient être désastreuses, tant sur le plan économique que sur celui de la souveraineté nationale.

Sources

Source : www.lemonde.fr

Visuel — Source : www.lemonde.fr
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