Kinshasa et Brazzaville : Quand la coopération sécuritaire devient un jeu de dupes
Les ministres de la Défense de la RDC et du Congo-Brazzaville se réunissent pour renforcer la sécurité aux frontières, mais qui protège vraiment qui ?
Le 3 avril dernier, à Kinshasa, les ministres de la Défense des deux Congo, Guy Kabombo Muadiamvita et Charles Richard Mondjo, ont décidé de renforcer leur coopération en matière de sécurité. Une belle promesse, n’est-ce pas ? Sauf que l’on se demande si cette initiative ne cache pas un jeu de dupes, où les véritables enjeux sont tout autre que la sécurité des citoyens.
Ce qui se passe réellement
Lors de cette rencontre, les deux ministres ont discuté du renforcement de la sécurité aux frontières fluviales et terrestres. Selon une dépêche du ministère de la Défense de la RDC, les échanges ont principalement porté sur la lutte contre les traversées frauduleuses. Oui, ces traversées qui se multiplient dans une zone où la mobilité est aussi fluide que le fleuve Congo lui-même. La coopération vise à améliorer le contrôle des flux transfrontaliers et à prévenir diverses formes d’activités illicites. En somme, un bel effort pour masquer une réalité plus complexe.
Pourquoi cela dérange
La question qui se pose est : pourquoi maintenant ? La coopération militaire entre deux pays voisins, c’est bien, mais cela ne fait pas disparaître les problèmes de gouvernance et de corruption qui gangrènent les deux États. Au lieu de s’attaquer aux véritables causes des traversées frauduleuses, on préfère renforcer les murs et les barrières. Une solution à court terme qui ne fait qu’enfouir les véritables problèmes sous le tapis.
Ce que cela implique concrètement
Concrètement, cette initiative pourrait renforcer la militarisation des frontières, sans pour autant garantir la sécurité des populations locales. Les experts sectoriels, qui seront convoqués pour des séances de travail, risquent de se retrouver dans un cercle vicieux où les solutions proposées ne seront que des pansements sur une plaie béante.
Lecture satirique
Ironiquement, ces discussions sur la sécurité viennent à un moment où les gouvernements des deux pays sont souvent critiqués pour leur incapacité à protéger leurs citoyens des véritables menaces : la pauvreté, la corruption, et l’absence de services publics efficaces. Les promesses de coopération militaire semblent donc être un écran de fumée, une manière de détourner l’attention des véritables enjeux. Qui a besoin de sécurité quand on a des discours politiques bien rodés ?
Effet miroir international
En regardant au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec d’autres régimes autoritaires qui utilisent la peur pour justifier des mesures de contrôle. Que ce soit aux États-Unis, en Russie ou ailleurs, la militarisation de la sécurité est souvent un prétexte pour restreindre les libertés individuelles. Les deux Congo semblent suivre cette tendance, où la sécurité devient une excuse pour renforcer le pouvoir en place.
À quoi s’attendre
À l’avenir, il est probable que cette coopération se traduise par une augmentation des budgets militaires, au détriment des investissements dans les services sociaux. Les citoyens peuvent s’attendre à voir davantage de soldats aux frontières, mais peu de réelles améliorations dans leur quotidien. La promesse d’une sécurité renforcée pourrait bien se transformer en une illusion, où les véritables problèmes restent irrésolus.

