Israël : La peine de mort pour les Palestiniens, ou comment légaliser l'inhumanité

Cédric Balcon-Hermand
04.04.2026

Israël : La peine de mort pour les Palestiniens, ou comment légaliser l’inhumanité

Le 30 mars, la Knesset a adopté une loi sur la peine de mort pour les « terroristes », entraînant une grève générale en Cisjordanie. Une belle manière de célébrer la démocratie, n’est-ce pas ?

Face à l’agenda expansionniste toujours plus violent d’Israël, la population palestinienne de Cisjordanie occupée tente de se révolter. Une grève générale a été lancée sur la journée du mercredi 1er avril, à l’appel du Fatah, le mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, afin de protester contre l’adoption par le parlement israélien le 30 mars de la loi sur « la peine de mort pour les terroristes ».

Promulgué pour, officiellement, lutter contre les « actes commis dans l’intention de nier l’existence de l’État d’Israël », le texte – soutenu par le premier ministre, Benyamin Netanyahou, en personne – offre surtout à Tel-Aviv un outil légal pour accélérer sa mise à mort du peuple palestinien, sans cesse visé par des accusations pour terrorisme au moindre acte de résistance.

Ce qui se passe réellement

Or, pour les Palestiniens de Cisjordanie occupée, le texte prévoit justement que la peine capitale soit la sanction par défaut si l’homicide est qualifié d’acte de terrorisme par la justice militaire israélienne. Malgré le contexte de colonisation, la plupart des commerces ont ainsi baissé leurs rideaux de Hébron (sud) à Naplouse (nord), en passant par Ramallah (centre).

À Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne, les administrations, des centres commerciaux entiers comme le principal marché de la ville ont tous fermé. Des pneus incendiés ont quant à eux été déposés sur le point de passage de Qalandia, entre la Cisjordanie et Israël, au niveau de Jérusalem.

« Il n’y a pas une seule personne ici qui n’ait pas un frère, un mari, un fils ou même un voisin en prison, » a rappelé Rimane, psychologue de 53 ans, interrogée par l’Agence France-Presse (AFP) sur un point de rassemblement. « Il n’existe aucune famille palestinienne sans prisonnier. »

Interrogé par Middle East Eye, le père de Jaafar Awad, mort des suites d’une grave maladie deux mois après sa libération d’une prison israélienne, a estimé que « rester chez soi ne sèmera aucune graine de succès. » Celui dont le second fils, Wared, est toujours en détention a ajouté que, « dans toutes les élections israéliennes, les campagnes ont toujours exploité le sang des Palestiniens. »

Pourquoi cela dérange

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a appelé, mardi, Israël à abroger cette loi sur « la peine de mort pour les terroristes », avertissant qu’elle pourrait constituer un « crime de guerre. » L’Association pour les droits civils en Israël (Acri) a quant à elle annoncé, quelques minutes après sa promulgation, le dépôt d’un recours en urgence devant la Cour suprême israélienne, « demandant l’annulation de la loi. »

Ce que cela implique concrètement

L’organisation non gouvernementale (ONG) argue que la loi est « inconstitutionnelle, » « discriminatoire, » et a été adoptée « sans base juridique » en ce qui concerne la Cisjordanie, où Tel-Aviv « n’exerce aucune souveraineté. » En Israël, plusieurs centaines de citoyens ont manifesté afin de dénoncer la politique du gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahou, et notamment la guerre déclenchée en Iran et au Liban avec l’aide des États-Unis.

Lecture satirique

Des canons à eau ont notamment été utilisés, mardi, pour disperser les participants à une manifestation contre la décision du Parlement israélien sur la peine de mort. Cinq manifestants ont été arrêtés et plusieurs ont été blessés, notamment un photographe indépendant, Menahem Kahana. Pas sûr que le gouvernement Netanyahou accepte de céder sur une politique – coloniale, génocidaire – qui lui permet de survivre.

Effet miroir international

Il est fascinant de voir comment cette loi s’inscrit dans une tendance mondiale où les droits humains sont souvent sacrifiés sur l’autel de la sécurité. Les États-Unis, avec leur propre arsenal de lois controversées, semblent donner le feu vert à des dérives similaires. On pourrait presque croire qu’il s’agit d’une compétition pour voir qui peut être le plus inhumain.

À quoi s’attendre

Avec une telle législation, les tensions ne risquent pas de diminuer. Au contraire, elles pourraient s’intensifier, entraînant des répercussions non seulement pour les Palestiniens, mais aussi pour la stabilité de la région. Qui aurait cru que la démocratie pouvait être si… meurtrière ?

Sources

Source : www.humanite.fr

Visuel — Source : www.humanite.fr
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