Irak : Quand le football devient un acte de résistance face à la guerre
Malgré un long voyage et le lourd contexte de la guerre au Moyen-Orient, la sélection irakienne est déterminée à battre la Bolivie mardi à Monterrey (Mexique) afin de décrocher un billet historique pour le Mondial 2026, de quoi « changer une vie » et « un pays ».
Ce qui se passe réellement
Le vainqueur du barrage affrontera l’équipe de France, le Sénégal et la Norvège au premier tour de la Coupe du monde, coorganisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada (11 juin – 19 juillet). Sous la lune et la silhouette inquiétante du Cierro de la Silla, perché 1 200 m plus haut, les joueurs irakiens se recueillent en cercle lundi au début du dernier entraînement avant le défi d’une vie.
Mardi soir (dans la nuit de mardi à mercredi, 05h00 heure de Paris), ils viseront contre la Bolivie une première qualification pour le Mondial depuis 1986. Le staff y voit un bon présage. Le chemin vers la Coupe du monde s’est avéré tortueux pour les Lions de la Mésopotamie, qui vont disputer mardi leur 21e match du marathon des qualifications, après avoir subi comme toute la région les conséquences de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par Israël et les États-Unis face à l’Iran. Au moins 101 personnes ont été tuées en Irak depuis le début du conflit le 28 février, selon un dernier comptage de l’AFP.
« Je ne peux rien faire à la politique au Moyen-Orient, ce que je peux faire c’est aider l’équipe nationale à gagner demain (mardi) et rendre heureux le peuple irakien », a déclaré l’attaquant Ali Yousif.
Pourquoi cela dérange
Dans un contexte où le football est souvent perçu comme un simple divertissement, l’Irak montre que le sport peut être un vecteur de changement. Le sélectionneur Graham Arnold a demandé le report du barrage face à la fermeture de l’espace aérien, mais la majorité du groupe a finalement pris la route depuis Bagdad pour rejoindre Amman (Jordanie), avant de s’envoler pour Lisbonne puis Monterrey. Une odyssée qui illustre à quel point le football irakien est devenu un symbole de résilience.
Ce que cela implique concrètement
Le match contre la Bolivie n’est pas qu’une simple rencontre sportive. C’est un enjeu national, un moyen de redonner espoir à un peuple meurtri par des années de conflits. La qualification pour le Mondial pourrait offrir une bouffée d’air frais à une nation en quête d’identité et de fierté.
Lecture satirique
Alors que les joueurs irakiens se battent pour leur pays, les discours politiques des puissances occidentales semblent déconnectés de la réalité. Les promesses de paix et de prospérité se heurtent à un mur de violence et de désespoir. La situation en Irak est un cruel rappel que les décisions prises à des milliers de kilomètres peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur le terrain.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas unique à l’Irak. Les politiques autoritaires à travers le monde, qu’elles soient en Russie, aux États-Unis ou ailleurs, montrent que le sport peut être utilisé comme un outil de propagande, mais aussi comme un moyen de résistance. La lutte des Irakiens pour leur place au Mondial est un écho des luttes menées par d’autres peuples face à l’oppression.
À quoi s’attendre
Si l’Irak parvient à se qualifier, cela pourrait marquer un tournant dans l’histoire du pays. Mais même en cas d’échec, le simple fait de se battre sur le terrain pour un avenir meilleur est déjà une victoire en soi.

