Hongrie : Quand la diplomatie se transforme en farce tragique
À moins de deux semaines des élections, le gouvernement Orbán est sous le feu des critiques pour sa supposée « collusion avec la Russie ». La comédie politique hongroise atteint un nouveau sommet d’absurdité.
Alors que le pays se prépare à voter, Péter Szijjarto, ministre des Affaires étrangères, se retrouve dans une situation pour le moins cocasse. Accusé de collusion avec la Russie, il a été pris la main dans le sac, ou plutôt au téléphone, lors d’un échange avec Sergueï Lavrov. Ce dernier, en bon ami, lui a demandé de retirer la sœur d’un oligarque russe de la liste des sanctions de l’UE. Szijjarto, tout sourire, a promis de soumettre une proposition en ce sens. Qui a dit que la diplomatie ne pouvait pas être un spectacle comique ?
Ce qui se passe réellement
À moins de deux semaines des élections en Hongrie, le gouvernement de Viktor Orbán se trouve sous le feu des projecteurs et des critiques. Péter Szijjarto, son ministre des Affaires étrangères, est accusé de “collusion avec la Russie” par un consortium de médias qui publient l’enregistrement présumé d’un de ses appels avec son homologue Sergueï Lavrov.
En août 2024, à la suite d’une visite à Saint-Pétersbourg, Lavrov le joint au téléphone pour réitérer une demande de faveur : l’oligarque russe Alisher Ousmanov veut voir retirer sa sœur, Gulbahor Ismailova, de la liste des cibles de sanctions de l’Union européenne. Peter Szijjarto explique que la Hongrie prévoit de soumettre une proposition en ce sens à l’UE, avec la Slovaquie.
La conversation en anglais, où s’exprime un mépris commun envers l’Union, “met en évidence l’excessive courtoisie entre Szijjarto, qui représente un État membre de l’UE et de l’OTAN, et Lavrov, représentant d’un pays qui a envahi et occupé un État européen”, souligne l’enquête publiée notamment par le média russe établi en Lettonie The Insider.
Pourquoi cela dérange
Cette situation met en lumière une incohérence flagrante : comment un ministre d’un État membre de l’UE peut-il discuter de manière si décontractée avec un représentant d’un pays qui viole ouvertement la souveraineté d’autres nations ? La réponse semble être que, pour Orbán et son équipe, les sanctions sont un simple jeu de société, où les règles peuvent être modifiées à la demande d’un oligarque.
Ce que cela implique concrètement
Les implications de cette « collusion » sont inquiétantes. Si la Hongrie se permet de négocier des faveurs avec la Russie tout en étant membre de l’UE, cela remet en question la cohésion et l’intégrité de l’Union. Les électeurs doivent se demander si leur gouvernement défend réellement leurs intérêts ou s’il est en train de jouer un double jeu.
Lecture satirique
Il est presque comique de voir Szijjarto, en tant que ministre des Affaires étrangères, jongler avec des demandes d’un oligarque russe tout en prétendant défendre les valeurs européennes. Cela rappelle les promesses de la Hongrie de défendre la démocratie, tout en s’asseyant à la table des autocrates. Ironie du sort, n’est-ce pas ?
Effet miroir international
Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres dérives autoritaires à travers le monde. Les États-Unis, avec leurs propres luttes internes contre l’extrême droite, et la Russie, qui continue de jouer les trouble-fête sur la scène internationale, montrent que la collusion et le mépris des valeurs démocratiques ne connaissent pas de frontières.
À quoi s’attendre
À l’approche des élections, il est probable que cette affaire ne fasse qu’enflammer les tensions. Les électeurs hongrois devront choisir entre un gouvernement qui flirte avec l’autoritarisme et une opposition qui peine à se faire entendre. L’avenir de la démocratie en Hongrie semble plus incertain que jamais.
Sources
Source : www.courrierinternational.com

