Haïti : Quand les "protecteurs" deviennent prédateurs

Cédric Balcon-Hermand
04.04.2026

Haïti : Quand les « protecteurs » deviennent prédateurs

Un rapport de l’ONU révèle des abus sexuels par des policiers kényans en mission en Haïti. La promesse de sécurité se transforme en cauchemar pour les plus vulnérables.

INTRODUCTION : Dans un monde où les missions de paix sont censées apporter sécurité et protection, il semblerait que la réalité soit tout autre. La Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) en Haïti, déployée pour lutter contre les gangs, se retrouve au cœur d’un scandale d’exploitation sexuelle. Qui aurait cru que les « sauveurs » se transformeraient en prédateurs ?

Ce qui se passe réellement

Les enquêtes menées par le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme ont confirmé quatre cas d’exploitation et de violences sexuelles impliquant des membres de la MMAS. Ces incidents ont eu lieu à Petite-Rivière-de-l’Artibonite, mais selon Fritznel Pierre, membre du comité de pilotage de la mission, il y aurait eu bien plus de victimes. « Ce genre de situation devient légion », dénonce-t-il. Les policiers kényans, profitant de l’absence de surveillance, auraient même mis en place un programme de prostitution impliquant des mineurs.

Le douloureux souvenir de la Minustah

Ce scandale réveille des souvenirs amers : en 2014, la Minustah, la précédente mission de l’ONU, avait déjà enregistré 13 signalements d’abus sexuels. Entre 2004 et 2007, des soldats sri-lankais avaient exploité des enfants dans un réseau de prostitution. Une répétition qui fait froid dans le dos, surtout avec l’arrivée récente des soldats tchadiens pour lutter contre les gangs, une mission également validée par les Nations unies.

Pourquoi cela dérange

Les incohérences sont frappantes : d’un côté, des promesses de sécurité et de protection, de l’autre, des abus flagrants. Comment peut-on croire que des forces censées protéger les plus vulnérables deviennent les bourreaux ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont désastreuses pour les victimes, qui se retrouvent piégées dans un cycle de violence et d’exploitation. La confiance envers les institutions internationales s’effondre, laissant les populations dans une insécurité encore plus grande.

Lecture satirique

Dans un monde où les discours politiques promettent monts et merveilles, la réalité est souvent tout autre. Les gouvernements et les organisations internationales semblent plus préoccupés par leur image que par le bien-être des populations. Ironiquement, les « protecteurs » deviennent les « prédateurs », illustrant parfaitement le décalage entre promesses et réalité.

Effet miroir international

Ce phénomène n’est pas isolé. À l’échelle mondiale, de nombreuses missions de paix se heurtent à des accusations similaires. Les politiques autoritaires et ultraconservatrices, qu’elles soient aux États-Unis, en Russie ou ailleurs, montrent que la protection des droits humains est souvent reléguée au second plan.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, il est à craindre que d’autres scandales éclatent, sapant encore plus la confiance envers les missions internationales. Les populations vulnérables continueront d’être les premières victimes de cette tragédie.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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