Guinée-Bissau : l’ONU « choquée » par le « meurtre brutal » d’un militant de la société civile

Cédric Balcon-Hermand
04.04.2026

Guinée-Bissau : l’ONU « choquée » par le « meurtre brutal » d’un militant de la société civile

Chapeau : Le meurtre de Vigario Luis Balanta, voix critique de la junte, met en lumière la dérive autoritaire en Guinée-Bissau. Une situation qui semble échapper à tout contrôle, mais qui ne surprend finalement personne.

Ce qui se passe réellement

Le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits humains a exprimé, jeudi 2 avril, son choc face au « meurtre brutal » de Vigario Luis Balanta, militant de la société civile retrouvé mort en Guinée-Bissau. Selon Seif Magango, Balanta a été « apparemment battu à mort », et son décès survient dans un contexte de « réduction progressive de l’espace civique et démocratique » depuis le coup d’État de novembre 2025.

Il a également souligné que des membres de l’opposition et des défenseurs des droits humains sont régulièrement « arbitrairement détenus, agressés, harcelés et intimidés ». La situation est tellement alarmante que l’ONU appelle les autorités à mener une enquête « approfondie et impartiale ».

La Ligue guinéenne des droits humains (LGDH) a qualifié la mort de Balanta d’« assassinat ». Son corps, retrouvé dans les rizières de Ndam Lero, présentait des blessures « partout à l’arme blanche » et « deux trous de balle dans la tête ».

Pourquoi cela dérange

La mort de Balanta n’est pas un incident isolé, mais le reflet d’une politique de répression orchestrée par une junte qui semble avoir pris le goût du pouvoir. En effet, les manifestations pacifiques pour réclamer justice ont été dispersées par la police, qui a utilisé matraques et gaz lacrymogènes. Au moins une dizaine de manifestants ont été arrêtés, prouvant que le droit de s’exprimer est devenu un luxe en Guinée-Bissau.

Ce que cela implique concrètement

La répression croissante des voix dissidentes et la violence à l’encontre des militants des droits humains soulignent une dérive inquiétante. La Guinée-Bissau, déjà marquée par des coups d’État à répétition, semble s’enfoncer dans un cycle de violence et d’impunité, où les promesses de retour à la démocratie s’évanouissent dans le brouillard des balles et des matraques.

Lecture satirique

Il est ironique de constater que, dans un pays où les élections sont souvent suspendues par des militaires, l’ONU appelle à une enquête « impartiale ». On pourrait presque croire que ces autorités ont un sens de l’humour noir. La promesse d’élections fixées au 6 décembre par le général Horta N’Tam semble plus une farce qu’une réalité, tant la situation actuelle ressemble à une mauvaise pièce de théâtre.

Effet miroir international

La dérive autoritaire en Guinée-Bissau rappelle les pratiques de certains régimes ailleurs dans le monde, où les voix critiques sont étouffées sous le poids de la répression. Les États-Unis et la Russie, par exemple, ont également leurs propres méthodes pour gérer les dissidents. Mais qui aurait cru que la Guinée-Bissau, ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, pourrait devenir le théâtre d’une telle comédie tragique ?

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se poursuit, il est à craindre que la Guinée-Bissau devienne un exemple emblématique de la façon dont un pays peut sombrer dans l’autoritarisme, tout en prétendant être sur le chemin de la démocratie. Les promesses de changement ne sont que des mots vides, et les citoyens sont laissés à se débattre dans un océan de désespoir.

Sources

Source : www.lemonde.fr


Visuel — Source : www.lemonde.fr

Partager ici :

share Partager