Guerre en Iran et dragon chinois : l'absurde retour du nucléaire

Cédric Balcon-Hermand
04.04.2026

Guerre en Iran et dragon chinois : l’absurde retour du nucléaire

La guerre en Iran relance le débat sur la souveraineté énergétique européenne, mais la solution proposée par Ursula von der Leyen semble tout droit sortie d’un mauvais film d’anticipation.

Face à la guerre en Iran, qui menace l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a eu l’audace de déclarer que l’abandon progressif du nucléaire en Europe était « une erreur stratégique ». En d’autres termes, il est temps de remettre l’atome au cœur de notre souveraineté énergétique. Mais qui a dit que le bon sens devait primer sur les intérêts politiques ?

Ce qui se passe réellement

La présidente de la Commission européenne plaide pour un retour au nucléaire, arguant que la décarbonisation ne peut se faire sans cette énergie. Elle évoque des sources d’uranium diversifiées, la possibilité de stockage sur plusieurs années, et un coût négligeable dans le prix final de l’électricité. Mais, à quel prix ?

Choc pétrolier

Cette situation rappelle le choc pétrolier de 1973, où la guerre du Kippour avait provoqué une flambée des prix du pétrole. À l’époque, la France avait décidé de parier sur l’électronucléaire, misant sur la technologie américaine de Westinghouse. Aujourd’hui, la Chine, qui a perfectionné cette technologie, est devenue le leader mondial avec son réacteur Hua Long 1, déjà en série. Pendant ce temps, les EPR européens, à 15 000 €/kW, peinent à voir le jour.

Pourquoi cela dérange

La décision d’Emmanuel Macron de lancer 14 EPR2 soulève une question que personne n’ose vraiment poser : la France fait-elle le bon pari ? En 1973, Pompidou et Messmer avaient choisi la technologie la plus avancée, aujourd’hui, ce rôle est tenu par la Chine. La Suisse, qui envisage de lever l’interdiction de construire de nouvelles centrales, devra elle aussi trancher : suivre l’exemple français ou regarder du côté de Pékin.

Ce que cela implique concrètement

Le retour au nucléaire pourrait signifier un investissement colossal dans des technologies vieillissantes, alors que la Chine avance à grands pas avec des coûts de construction défiant toute concurrence. La question se pose : est-ce vraiment la voie à suivre pour garantir notre indépendance énergétique ?

Lecture satirique

Ironiquement, alors que l’Europe se débat pour trouver une solution à sa dépendance énergétique, elle se tourne vers une technologie que beaucoup considèrent comme dépassée. C’est un peu comme si l’on décidait de revenir à la machine à écrire pour résoudre les problèmes d’Internet. Les promesses de décarbonisation semblent s’évanouir face à la réalité des coûts et des délais de construction.

Effet miroir international

En parallèle, les politiques autoritaires, comme celles de la Russie ou des États-Unis, continuent de démontrer que la dépendance énergétique peut mener à des dérives inquiétantes. L’Europe, en choisissant de revenir au nucléaire, ne fait-elle pas le jeu de ces régimes en renforçant leur pouvoir sur les marchés énergétiques ?

À quoi s’attendre

Si l’on suit cette tendance, l’Europe pourrait se retrouver à la traîne, dépendante d’une technologie qui ne répond plus aux défis contemporains. Les conséquences pourraient être désastreuses, tant sur le plan économique qu’environnemental.

Sources

Source : www.tdg.ch

Visuel — Source : www.tdg.ch
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