Gaza : Les hôpitaux au bord de l’effondrement, faute de matériel médical essentiel
Dans les couloirs des hôpitaux encore en activité dans l’enclave palestinienne, les médecins tentent l’impossible. Aucun des établissements de santé à Gaza ne peut fonctionner à pleine capacité. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 53 % des hôpitaux et 58 % des centres de santé sont opérationnels, mais partiellement.
Le manque de médicaments et de fournitures médicales cruciales, comme les concentrateurs d’oxygène, est l’une des raisons de cette situation. « Sans concentrateurs d’oxygène, soyons honnêtes, ce sont des patients gravement malades qui meurent. Et sans matériel orthopédique, les chirurgiens ne peuvent pas traiter correctement les bless », a déclaré Reinhilde Van De Weerdt, représentante de l’OMS dans les Territoires palestiniens occupés, lors d’un point de presse à Genève.
En Jordanie, un hôpital préfabriqué attend depuis des mois d’entrer à Gaza avec du matériel de laboratoire, des réactifs, des concentrateurs d’oxygène et du matériel orthopédique. « Ce ne sont pas des produits de luxe, ce sont des articles essentiels », a insisté la Dre Van De Weerdt. L’absence d’équipements de laboratoire empêche le diagnostic des maladies, rendant le système de santé, déjà fragile, encore plus vulnérable.
L’OMS a également souligné que certaines fournitures médicales sont classées par Israël comme des biens à double usage, pouvant être détournées à des fins militaires. Ce classement doit changer, selon Mme Van De Weerdt, car ces fournitures sont reconnues internationalement comme du matériel sanitaire.
Actuellement, plus de 43 000 personnes à Gaza, dont 10 000 enfants, nécessitent des soins de rééducation, des prothèses et des dispositifs d’assistance à long terme. Cependant, seulement 5 000 amputés ont pu obtenir des prothèses, qui sont également considérées comme des articles à double usage. « Une personne amputée a besoin d’une chirurgie corrective pour s’asr que la prothèse puisse être ajustée correctement. Cette chirurgie ne peut pas être pratiquée à Gaza », a-t-elle ajouté.
Les pénuries de matériel médical se produisent dans un contexte d’attaques répétées contre les infrastructures médicales. L’OMS a recensé 22 attaques contre les services de santé à Gaza cette année. Malgré le cessez-le-feu d’octobre 2025, la violence a continué, avec au moins 880 personnes tuées et 2 600 blessées depuis lors.
Dans ce climat de violence, les maladies se multiplient, notamment les infections respiratoires et les maladies d’origine hydrique, aggravées par des conditions de vie dégradées et un accès limité à l’eau. Les traumatismes physiques et psychologiques touchent plus d’un million de personnes, pesant sur les générations futures.
De son côté, l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a déploré des restrictions qui l’empêchent d’acheminer des médicaments à Gaza et en Cisjordanie, tout en ayant perdu deux de ses centres de santé à Jérusalem-Est. Près de 400 membres du personnel de l’agence ont été tués pendant le conflit, et beaucoup d’autres continuent de travailler dans des conditions difficiles.
L’UNRWA a rapporté que certains employés vivent encore sous des tentes, exprimant un sentiment d’abandon face à la crise persistante.
Source : OMS, UNRWA












