Dysfonctionnements à l’hôpital pédopsychiatrique Fondation Vallée : la CGT dénonce un rapport de l’ARS « truffé d’erreurs »
Environ 300 personnes se sont rassemblées, mercredi 13 mai, à Gentilly (Val-de-Marne), devant l’hôpital pédopsychiatrique public Fondation Vallée, à l’appel de la Confédération générale du travail (CGT). Ce rassemblement visait à dénoncer la suspension d’activité par l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France de quatre unités d’hospitalisation. Un rapport d’inspection publié le 6 mai par l’ARS évoque des pratiques d’enfermement d’enfants et un recours à l’isolement jugé « usuel et banalisé », avec une « traçabilité insuffisante ».
Ce rapport fait suite à une première « mission d’inspection inopinée » de l’ARS, en novembre, qui a conduit à la fermeture des services d’hospitalisation à temps complet le 27 février. Les 15 enfants et adolescents encore hospitalisés à cette date ont reçu des propositions de prise en charge « adaptées », selon l’ARS.
Estelle Habigand, secrétaire CGT de la Fondation Vallée, a qualifié le document de l’ARS de « truffé d’erreurs et d’incohérences ». Elle a regretté que le rapport « mélange constamment les situations de protection avec l’idée d’un enfermement arbitraire », contestant ainsi la brutalité et la disproportion des décisions prises lors du rassemblement, qui a réuni des professionnels de santé, des représentants syndicaux et des élus de gauche.
La CGT a également signalé que la fermeture simultanée de plusieurs unités a entraîné une désorganisation massive des soins. Habigand a nié l’idée que la Fondation Vallée soit un « lieu de maltraitance systémique ». En marge du rassemblement, la CGT a affirmé qu’un adolescent de 13 ans avait été placé à l’isolement dans une chambre de soins intensifs d’un service de psychiatrie pour adultes, imputant cette situation à la suppression de l’offre de soins à Gentilly. Les Hôpitaux Paris Est Val-de-Marne (HPEVM) n’ont pas confirmé cette information, invoquant le secret médical.
La CGT a exigé la réouverture des 60 lits de pédopsychiatrie fermés unilatéralement à Gentilly d’ici fin juin, ainsi que la réintégration du personnel dispatché sur l’hôpital Paul-Guiraud. Plusieurs élus ont estimé que la décision de l’ARS s’inscrit dans un mouvement de défiance envers la psychiatrie publique, soulignant que les groupes privés cherchent à s’implanter dans ce secteur.
Source : Le Monde avec AFP.











