Un nouveau vaccin est en cours d’élaboration pour mieux gérer les épidémies de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) des bovins, a annoncé vendredi Elisabeth Claverie de Saint Martin, PDG sortante du Cirad, un organisme dédié à l’agronomie et au développement durable. Ce vaccin, qui devrait être disponible dans un délai de 18 à 36 mois, est développé en collaboration avec des partenaires privés et une unité de recherche en infectiologie à Lyon. Il vise à réduire les effets secondaires par rapport au vaccin existant et sera accompagné d’un test permettant de déterminer si un animal est vacciné ou malade, une question cruciale qui entrave actuellement l’exportation des animaux vaccinés. Elisabeth Claverie de Saint Martin a souligné que « la France est le leader en vaccination animale », insistant sur l’importance de maintenir une base scientifique et industrielle dans le pays pour garantir un approvisionnement suffisant en vaccins. La DNC, qui a fait son apparition en France au milieu de l’année 2025, a conduit à l’application de protocoles sanitaires stricts, incluant la vaccination et l’abattage total des troupeaux touchés, suscitant des inquiétudes parmi les éleveurs. En parallèle, le Cirad est missionné par le ministère de l’agriculture pour rendre un rapport en juin sur un éventuel abattage sélectif en cas d’immunité collective. L’objectif est de modéliser les risques et d’explorer des alternatives à l’abattage total, tout en respectant les législations européennes. Claverie de Saint Martin, qui vient d’être nommée à la tête de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), a également mis en avant l’importance de la recherche en agronomie tropicale, soulignant que les maladies comme la DNC, considérées comme tropicales, sont de plus en plus susceptibles d’apparaître sans frontières. Elle a appelé à des soutiens pérennes pour la recherche, précisant que le développement d’un vaccin contre la DNC représente un investissement de 20 à 30 ans, et que des efforts avaient été interrompus en raison d’un manque de financements. Le Cirad, qui compte environ 1 800 employés, dont 1 000 chercheurs, est financé à hauteur de 50 % par des fonds publics et opère dans une cinquantaine de pays. Source : La Croix.












