La DZ Mafia : un test pour la coopération judiciaire entre l’Algérie et la France
La DZ Mafia, un réseau criminel actif dans le sud de la France, a été au cœur des discussions lors de la visite du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, en Algérie le 18 mai dernier. Lors de son entretien avec son homologue algérien, Lotfi Boudjemaa, les deux responsables ont évoqué la criminalité organisée, en particulier le dossier de la DZ Mafia. La France a demandé à l’Algérie d’extrader plusieurs individus recherchés par la justice française dans le cadre d’une coopération judiciaire renforcée entre les deux pays.
Née à Marseille et spécialisée dans le trafic de stupéfiants, la DZ Mafia tire son acronyme de l’origine de ses principaux membres, l’Algérie, appelée « Dzayer » en arabe algérien. Cette organisation a connu une expansion significative et ne se compose plus uniquement d’individus d’origine algérienne.
Selon des informations rapportées par Maghreb Emergent, au moins 124 personnes recherchées par la justice française se trouvent actuellement sur le sol algérien. Cependant, l’Algérie souhaite également aborder la question de l’extradition de personnes vivant en France et réclamées par la justice algérienne, parmi lesquelles figure l’ex-ministre de l’Industrie, Abdelslam Bouchouareb, et l’ancien chef de la gendarmerie nationale, Ghali Belkecir.
Les médias algériens, comme TSA, soulignent que l’Algérie est souvent stigmatisée dans ce dossier, en pointant du doigt le Maroc, décrit comme un « géant du cannabis » et épargné par la France. L’article note que la DZ Mafia, malgré son nom, n’a rien d’algérien, hormis l’origine lointaine de certains de ses membres. De plus, il est mentionné que les Émirats arabes unis et le Maroc sont également des destinations pour les membres de cette organisation cherchant à échapper à la justice française.
Du côté marocain, des médias comme Le 360 critiquent l’Algérie, suggérant qu’elle pourrait maintenir ces individus recherchés comme moyen de pression sur Paris dans des affaires politiques et sécuritaires sensibles. D’autres sources, comme Tamurt, évoquent des liens possibles entre les services algériens et des réseaux mafieux en France, renforçant l’idée d’une pression sur Paris.
Actuellement, les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie semblent se réchauffer après une période de tension. El-Moudjahid rapporte que les relations franco-algériennes entrent dans une « nouvelle phase de discours apaisé », bien que cette évolution ne suscite ni enthousiasme naïf ni surinterprétation diplomatique.
Sources : Independent Arabia, Maghreb Emergent, TSA, El-Moudjahid.











